Bach


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Jean-Sébastien Bach est un compositeur allemand né en 1685 et mort en 1750. Il aura une vie très prolifique en musique et en descendance, avec vingt enfants et des oeuvres parmi les plus connues du répertoire classique, comme sa Toccata et fugue, ses Concertos Brandebourgeois, ou ses Variations Goldberg. Il fut un compositeur extraordinaire, de tous les genres, avec une prédilection pour l’orgue et le choral. C’était aussi un érudit, ayant reçu des cours de théologie, de latin, de grec et de rhétorique, et un excellent musicien, jouant du violon, de l’orgue, du clavecin.

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Par quoi commencer ?

Je vous conseille de débuter par sa Toccata et fugue si vous appréciez l’orgue, que vous connaissez sûrement, par ses Variations Goldberg au piano ou clavecin ou par ses Concertos Brandebourgeois si vous préférez chez Bach la forme orchestrale.

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Biographie

Les débuts (1685-1723)

Johann Sebastian Bach naît en 1685 à Eisenach en Thuringe, dans une famille où l’on sera musicien de père en fils. Il fait des études brillantes au Gymnasium (lycée) de sa ville natale, jusqu’à la mort de son père où il est recueilli par son frère ainé et poursuit son instruction à Ohrdruf où il fera des études musicales. Il est à l’époque choriste. En 1703, il est organiste à la Neue Kirche d’Arnstadt et c’est aussi l’époque de ses premières compositions. A la suite de plusieurs incidents, il devient en 1707 l’organiste de la Blasiuskirche de Mühlhausen, toujours en Thuringe. Toujours la même année, il épouse sa cousine Maria Barbara ; ils auront ensemble sept enfants, deux d’entre eux resteront dans l’histoire pour leur musique, Wilhelm Friedemann (1710- 1784) et Carl Philip Emanuel (1714-1788).

Quelques oeuvres de l’époque (1685-1708)

  • La cantate Denn du wirst meine Seele nicht in der Hölle lassen (« Car tu ne laisserais pas mon âme en enfer ») BWV 15 – et ses premières pages pour clavier, dont le Capriccio sopra la lontananza del suo fratello dilettissimo (. Caprice sur l’éloignement de son frère bien-aimé .)
  • Aus der Tiefe rufe ich, Herr, zu dir (« Des profondeurs, je t’appelle, Seigneur ») BWV 131, Gott ist mein König (« Dieu est mon roi ») BWV 71, et Der Herr denket an uns (« Le Seigneur pense à nous ») BWV 196.

Les cours (1708-1723)

Bach-Toccata et fugue

Premières notes de la Toccata et Fugue

En 1708, Bach devient organiste et musicien de chambre à la cour du duc de Weimar d’où il part en 1717 – après avoir été emprisonné un mois, ayant demandé sa démission avec trop d’insistance au goût du duc – pour arriver à la cour de Köthen, calviniste, et se voir interdire l’orgue et la composition de musique d’église, prohibés dans ce culte. Cette période sera très riche en musique instrumentale, que son nouveau souverain adore, avec des oeuvres comme le Clavier bien tempéré, les Concertos Brandebourgeois ou la très célèbre Toccata et fugue. Il perd sa femme en 1720 et se remarie un an plus tard avec une cantatrice, Anna Magdalena Wilcken (1701-1760). Le couple aura treize enfants, dont encore deux grands musiciens Johann Christoph Friedrich (1732- 1795) et Johann Christian (1735-1782).

Quelques oeuvres de l’époque (1708-1723)

Leipzig 1723-1750

En 1723, Bach quitte Köthen, agacé par la nouvelle femme de son souverain, hostile à la musique. Il part s’installer à Leipzig où il restera jusqu’à sa mort, comme cantor (maître de chapelle) de l’église Saint-Thomas. Pendant toute cette période, il voyage beaucoup dans les environs, à Weimar, Cassel, Dresde et Berlin. En 1749, il perd la vue, pour la retrouver subitement le 18 juillet 1750. Quelques heures plus tard, il est victime d’une attaque et meurt d’une grippe dix jours plus tard.

Quelques oeuvres de l’époque (1723-1750)

Bach-Variations Goldberg

Première page des Variations Goldberg

Le musicien

Un maître de tous les genres

Bach réussit souverainement dans tous les genres qu’il essaya. Le seul qu’il n’expérimenta jamais fut l’opéra mais l’aspect lyrique de ses oeuvres laisse à croire qu’il pût y exceller autant. Le cantor de Leipzig ne créa pas de formes ou de genres, mais les porta à leur point le plus haut, par le biais d’une inspiration musicale hors du commun, tant sur le plan architectural que sur l’expressivité de ses compositions. Ces dernières sont évidemment en rapport avec les fonctions qu’il occupait, ce qui explique qu’une grande partie de ses oeuvres soient pour orgue ou de la musique vocale, prédominante dans le culte luthérien.

Le goût des chiffres

B-a-c-h

Motif B-A-C-H

En Allemagne, les notes sont indiquées par des lettres :

  • le A est un la,
  • le B un si b.mol,
  • le C un do,
  • le D un ré,
  • le E un mi,
  • le F un fa,
  • le G un sol,
  • le H un si.

Un mot peut donc être caché dans la mélodie, comme le nom de Bach par la série si bémol, la, do, si. Cela lui permit également de traduire ses oeuvres en proportions, comme le nombre de mesure ou de voix.

Entre deux époques

Bach n’a pas de successeur direct dans le monde de la composition. En effet, il est l’héritier de deux mouvements, la polyphonie et la basse continue, qu’il réussit à combiner par son génie de la synthèse. Alors que dans le même temps émerge au XVIIIe siècle l’harmonie tonale, comme nouveau principe directeur de la composition, Bach passait pour un compositeur « dépassé » alors même qu’il nous livrait ses plus belles oeuvres, issues d’influences italiennes, françaises et forcément allemandes.

Musique instrumentale

La plupart de sa musique instrumentale de l’époque précédant son arrivée à Leipzig, où ses fonctions lui donnèrent l’occasion de se perfectionner dans l’art de l’écriture . Il est un des premiers compositeurs de concertos pour clavecin et orchestre, notamment dans ses Concertos Brandebourgeois, et exploita les influences des concertos italiens, dont il fit beaucoup de transcriptions. Il profita dans ses oeuvres des progrès réalisés dans la fabrication des instruments à cordes ou de la flûte.

Bach était un passionné du clavecin, pour lequel il écrivit des suites (françaises, anglaises et allemandes) et deux livres composant le Clavier bien tempéré, dans lequel il exploite le tempérament égal. Il composa bien sûr pour le violon, à travers des concertos, des sonates, où il réussit à tirer de cet instrument monodique une musique polyphonique.

De plus, il versa très brillamment dans l’art du canon et du contrepoint, comme dans les Variations Goldberg, ou l’Offrande musicale. Sans oublier son talent sans pareil dans la fugue, comme dans l’Art de la fugue ou celle du Clavier bien tempéré, qui nous laissent les fugues les plus abouties du genre. Mais les plus grandes pages de Bach sont pour l’orgue, pour lequel il composa près de 250 oeuvres, dont plus de 150 chorals d’orgue sous toutes les formes possibles et imaginables. D’ailleurs lorsque le cantor de Leipzig met en musique un texte, ce sera d’après les sentiments indiqués par le texte, veillant toujours à ce que le choral reste expressif, exploitant toujours les symboles numériques.

Musique vocale

Si Bach n’a jamais écrit d’opéra, il en possède déjà la mentalité lyrique : chez lui, le drame est dans la musique et s’exprime par la musique, et possède le même lien entre celle-ci et le texte. La musique a un sens particulier et une place prépondérante dans la confession luthérienne : c’est selon Luther le « symbole de l’unité avec le divin ». Toute ses oeuvres sacrées ont été écrites pour permettre la communion entre la Divinité et les fidèles. Il est célèbre pour ses Passions, surtout celle de Saint-Mathieu, summum de la musique sacrée chez Bach, mais aussi celle de Saint-Jean. Il ne nous reste également qu’un fragment de la Passion selon Saint-Marc, qui semble se retrouver dans d’autres oeuvres du compositeur. Quant à la Passion selon Saint-Luc, aussi partielle que la précédente, il apparaît clair aujourd’hui qu’elle n’est pas de lui. Son testament comporte également des messes, motets, oratorios et surtout des cantates : il en écrivit pour tous les dimanches et jours fériés du calendrier liturgique. On en dénombre plus de 300, dont on ne retrouva que 200 exemplaires.

 

Sources

VIGNAL, Marc, Dictionnaire de la musique, Editions Larousse, 2005.

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