Bach : Concertos brandebourgeois


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En 1721, Bach envoie au margrave Christian Ludwig de Brandebourg ses tout nouveaux Six concertos avec plusieurs instruments, qu’il lui dédie également. Le noble ne les fera malheureusement pas jouer, non par mépris pour Bach, mais ces œuvres sont bien trop riches et complexes pour les musiciens de sa cour.

Elles impressionnent par la couleur qui y règne et la richesse des formes, notamment des contrepoints et par leur atmosphère joyeuse et plaisante. On y trouve deux types de concertos, ceux qui sont des « chœurs » instrumentaux où chaque instrument a un rôle égal, et ceux qui forment une hiérarchie avec comme base des cordes, puis des solistes et au-dessus d’eux un super soliste.

Enregistrements

On se sent porté par l’interprétation de ces Concertos brandebourgeois de Karajan, qui sont tantôt joyeux et pétillants tantôt d’une langueur nostalgique.

Jean-Sébastien Bach, Concertos Brandebourgeois, Herbert von Karajan avec le Berliner Philarmoniker

D’une autre manière, Couraud parvient à nous livrer une version qui est gaie et chatoyante dans les allegros et bien plus mélancolique dans les adagios. Une belle alternative à Karajan, disponible uniquement en MP3 sur Amazon

Jean-Sébastien Bach, Concertos Brandebourgeois, Marcel Couraud avec l’Ensemble soliste du Staatsorchester de Stuttgart

Assez proche de Couraud, Ristenpart sait faire pétiller ces œuvres de Bach pleines de joie. Les mouvements lents versent beaucoup moins dans la tristesse et sont d’une agréable douceur. Disponible uniquement en MP3 sur Amazon.

Jean-Sébastien Bach, Concertos Brandebourgeois, Karl Ristenpart avec l’Orchestre de Chambre de Sarre

Un côté solennel revient souvent au long des Concertos de Klemperer, et qui leur donne une beauté froide et un peu lisse. On ressent donc moins d’enthousiasme, mais l’ensemble mérite sa place. Disponible uniquement en MP3 sur Amazon.

Jean-Sébastien Bach, Concertos Brandebourgeois, Otto Klemperer avec le Philarmonia Orchestra

Basé sur l’écoute de 40 enregistrements.

Autour de l’oeuvre

Concerto n°1 en fa majeur (BWV 1046)

C’est un concerto de forme « chœur » et de « goût français ». Il possède une structure de type vif-lent-vif auquel on ajoute un menuet qui comporte trois trios. Une version plus ancienne existait, appellée Sinfonia, et ne comportait que les deux premiers mouvements ainsi que le menuet.

Concerto n°2 en fa majeur (BWV 1047)

C’est un concerto de forme hiérarchique avec au sommet une trompette et de « goût italien ». Le premier mouvement est rapide, de forme da capo ; le deuxième est un Andante qui réunit le rondo et la passacaille ; le troisième est un Allegro qui laisse libre cours à l’expression du violino piccolo et aux cors ; le Menuet final comporte des trios pour hautbois et basson, puis cordes et enfin cors et hautbois.

Concerto n°3 en sol majeur (BWV 1048)

Ce concerto ne comporte que 9 cordes : 3 violons, 3 altos et 3 violoncelles.

Il reprend la forme de « chœur » instrumental et est à nouveau de « goût italien ». La formation des cordes permet l’opposition, les jeux de réponses, les tutti et l’expression des solistes. Le premier mouvement est de forme da capo qu’il reprendra pour former la cantate « Ich liebe den Höchsten » BWV 174. Le second mouvement est réduit à deux accords d’une cadence dite phrygienne et souvent précédé d’une cadence improvisée au violino piccolo.

Le dernier mouvement est un Allegro sous forme de danse (laendler).

Concerto n°4 en sol majeur (BWV 1049)

C’est un concerto de forme hiérarchique avec au sommet un violon et de « goût italien ». On le considère comme composé en dernier car c’est celui qui se rapproche le plus d’un concerto moderne, de forme Allegro-Andante-Presto.

Concerto n°5 en ré majeur (BWV 1050)

C’est un concerto de forme hiérarchique avec au sommet un clavecin et de « goût italien ». Il est très rare à cette époque de mettre en avant le clavecin qui se cantonne d’habitude au continuo : l’instrument se gaussera d’une cadence considérable à la fin du premier mouvement. C’est d’ailleurs le premier concerto pour clavecin de l’histoire !

Concerto n°6 en si bémol majeur (BWV 1051)

On notera ici la forme « chœur ». Ce concerto met à l’honneur les tessitures graves, avec notamment les altos dans le premier mouvement. L’Adagio qui suit les altos avec la contrebasse et le violoncelle. Le 6e concerto se termine sur une gigue à l’italienne, Allegro.

 

Sources

DE TRANCHEFORT, François Marie, Guide de la musique symphonique, Editions Fayard, 1986.

 

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