Haendel


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Haendel … ? Händel … ? A moi non plus ces noms ne me disaient rien jusqu’à m’y pencher. Mais par où commencer ?

Bien loin d’être deux personnes distinctes, F.G. Haendel (ou Händel) est bel et bien un unique compositeur allemand du musique baroque au XVIIIème siècle. Et à y regarder de plus près, il est beaucoup moins inconnu qu’il n’en paraît. Si Friedrich Georg Haendel a tout de même su traverser trois longs siècles, ce n’est pas pour des clous. Grâce à sa fameuse Sarabande qui orna le Barry Lyndon de Stanley Kubrick (1976), son Zadok of Priest qui inspira scandaleusement l’hymne de notre Champions League adorée, ou enfin quand il fonde en 1719 la célèbre Royal Academy of Music.

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Que représente Haendel pour la musique classique ?

Compositeur atypique, Haendel incarne au mieux le génie démonstratif allemand. Bien différent de son contemporain mais néanmoins compatriote le grand Jean-Sébastien Bach, ces deux cadors du baroque tardif allemand s’opposaient alors en tout.Biographie-VK-Haendel

Quand Bach creusait les âmes par sa musique profonde, Haendel, lui, excellait dans l’illustre, dans le blingbling.

Aussi quand Bach se résignait à ne jamais quitter sa Thuringe natale, Haendel se mettait à parcourir l’Europe toute entière. Ainsi de Hambourg à l’Italie, de l’Angleterre aux Pays-Bas, Haendel s’imprégnait des styles et courants musicaux les plus en vogue de ce nouveau XVIIIème siècle.

Causons rapidement de son œuvre …

Son style, déjà, est teinté d’expérimentations mélodiques aussi gracieuses que puissantes qui notent l’influence généreuse de ses maîtres Italiens.

Son rythme, maintenant, majestueux et dansant confond son œuvre avec le panache du Grand Siècle français.

Sa méthode, enfin, fidèle à l’art du contrepoint qu’initia son éducation toute allemande vient compléter la complexité culturelle et technique de son l’œuvre, et dont sa célèbre Sarabande, en est la plus prenante illustration.

Quelle vie mena Friedrich Georg Haendel ?

Né en Saxe-prussienne durant l’hiver de 1685, son père – nanti de la ville de Halle – s’opposa farouchement à à son éducation musicale. Mais le petit Georg Haendel put néanmoins compter sur la protection de sa mère qui l’accompagna dans ses premiers pas.

Claveciniste de formation, il évolua rapidement vers la composition d’opéras, de cantates et d’oratorios latins – soit le grand répertoire italien de l’époque baroque. Ces différents formats lui apportèrent bientôt une renommée toute particulière, et dans toutes les capitales et cours d’Europe.

« Haendel est grand comme le monde », disait Franz Liszt (1811-1886).

Maître de chapelle auprès du Prince-Electeur George de Hanovre en 1710, le compositeur fut secrètement débauché par Charles Montagu – ambassadeur anglais en mission à Venise – lors d’un voyage officiel dans la Cité-Etat.

Parti pour Londres, il y mena aussitôt une carrière de compositeur des plus innovant. Innovant, car il dut jouer des coudes pour se faire une place. Lui – l’Allemand  – dut faire face à une concurrence locale alors pleine de talent. Mais challenger acharné, le jeune Haendel conquit rapidement le sévère public londonien en l’initiant à l’opéra italien, aux oratorios latins comme aux charmes de la célèbre danseuse française de époque, la voluptueuse Marie Salle – alias La Vestale.

Liant le génie italo-germain à la sauce anglaise, Haendel redonna après le grand Henry Purcell, tout le rayonnement musical international qui faisait alors injustement défaut à l’Angleterre. Devenant peu à peu la coqueluche de la bonne société londonienne, il devint l’un des compositeurs préférés de la reine Anne Stuart d’Angleterre. Un majestueux coup de pouce qui le catapultait aussitôt Compositeur de la Cour d’Angleterre.

Mais ironie de l’Histoire, la reine Anne, alors mourante, confiait son précieux trône anglais à son cousin germain, le Prince-Electeur de Hanovre devenant le roi George Ier d’Angleterre – comme par hasard ! Cette passation du pouvoir hissa ainsi la célèbre dynastie germano-anglaise des Hanovre, toujours en vogue à Buckingham Palace.

Néanmoins, le nouveau roi – George Ier – lui pardonna avec la ferme intention de profiter de ses talents afin d’éblouir autant sa nouvelle Cour londonienne que d’assurer l’éducation musicale de ses propres enfants.

« Haendel est notre maître à tous. », disait aussi Joseph Haydn (1732-1809).

Resté malgré tout Compositeur de la Cour, puis promu précepteur des Princes anglais, Haendel fonda pour diriger la légendaire Royal Academy of Music – comme l’atelier où il confectionna ses plus grandes œuvres. Riches et variées, ses compositions officielles intégraient autant les sacres royaux comme son Te Deum – ses quatre Anthems Of Coronation, sa célébration pour les Noces du Prince de Galles, ou encore son opéra patriotique Ricardo Primo (Richard Ier), premier du genre.

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Personnage arrogant, étranger mais durablement génial, Haendel « l’Allemand » incarna à la Cour anglaise ce que Jean-Baptiste Lully l’Italien fut quelques années plus tôt à Versailles.

Amazir Mebarki