Vivaldi : Les Quatre Saisons


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Les Quatre Saisons de Vivaldi ne sont pas parues seules : elles sont incluses dans un ouvrage, Il Cimento dell’harmonia e dell’invenzione, paru en 1725 à Amsterdam, et en sont les œuvres les plus connues. La dédicace est au comte von Morzin, cousin du futur mécène d’Haydn. Comme son nom l’indique, les Quatre Saisons sont divisés en quatre concertos, de structure vif-lent-vif.

Dans les mouvements vifs, un thème principal exprimant un sentiment particulier reviendra, entrecoupé de « détails pittoresques », comme « le berger endormi » dans Le Printemps. Dans les mouvements lents, les épisodes seront simultanés. Afin d’aider à l’intelligibilité du texte, Vivaldi écrivit un sonnet pour chaque saison (donné en italique) décrivant ainsi leurs mouvements.

Enregistrements

 

Les Quatre Saisons de Bell savent donner avec charme et raffinement toutes les nuances de l’oeuvre. C’est ici que s’apprécie le plus parfaitement l’harmonie, la volupté de l’oeuvre, mais aussi l’aspect bucolique de l’Automne et l’angoisse de l’Hiver.

Antonio Vivaldi, Les Quatre-Saisons, Joshua Bell avec l’Académie de St Martin in the Fields.

L’interprétation de Marcon, vive, élégante, racée, sait faire vivre ces Quatre Saisons et leur donner un impeccable sens de la nuance et une gamme riche de couleurs.

Antonio Vivaldi, Les Quatre-Saisons, Andrea Macron avec le Venice Baroque Orchestra, Andrea Carmignola

Radulovic est passé maître dans ces concertos. Son interprétation parfois un peu rapide, est emplie de couleurs et de nuances, sachant aussi faire preuve d’une grande délicatesse comme dans l’Hiver. L’effet rendu est excellent et tout à fait charmant.

Antonio Vivaldi, Les Quatre-Saisons, Nemanja Radulovic avec l’orchestre Double Sens.

Basé sur l’écoute de 60 enregistrements.

Autour de l’oeuvre

Retrouvez ici une vidéo consacrée à l’analyse des mouvements lents des quatre Concertos ainsi qu’un descriptif des sonnets.

Analyse des mouvements lents

Le Printemps en mi majeur

Ce concerto est celui qui bénéficia du plus grand succès. Il fut programmé au Concert Spirituel et même devant Louis XV en 1730. Le Printemps alla jusqu’à survivre à son auteur, tombé dans l’oubli à sa mort, inspirant un motet à Corette (« Laudate Dominum ») et une transcription pour flûte par… Jean-Jacques Rousseau.

Le thème du refrain, par lequel l’oeuvre commence, désigne « l’insouciance gaieté » du printemps.

Premier mouvement : Allegro

Voici le Printemps,

que les oiseaux saluent d’un chant joyeux.

Et les fontaines, au souffle des zéphyrs,

jaillissent en un doux murmure.

Ils viennent, couvrant l’air d’un manteau noir,

le tonnerre et l’éclair, messagers de l’orage.

Enfin, le calme revenu, les oisillons

reprennent leur chant mélodieux.

Deuxième mouvement : Largo

Et sur le pré fleuri et tendre,

au doux murmure du feuillage et des herbes,

dort le chevrier, son chien fidèle à ses pieds.

Troisième mouvement : Allegro (danse pastorale)

Au son festif de la musette

dansent les nymphes et les bergers,

sous le brillant firmament du printemps.

L’Eté en sol majeur

Le thème directeur de ce concerto souligne la « langueur accablante de l’Eté ».

Premier mouvement : Allegro non molto

Sous la dure saison écrasée de soleil,

homme et troupeau se languissent, et s’embrase le pin.

Deuxième mouvement : Allegro

Le coucou se fait entendre, et bientôt, d’une seule voix,

chantent la Tourterelle et le Chardonneret.

Zéphyr souffle doucement, mais, tout à coup,

Borée s’agite et cherche querelle à son voisin.

Le pâtre s’afflige, car il craint

l’orage furieux, et son destin.

Troisième mouvement : Adagio (le tempo alterne entre Adagio et Presto)

A ses membres las, le repos est refusé :

la crainte des éclairs et le fier tonnerre,

et l’essaim furieux des mouches et des taons.

Ah, ses craintes n’étaient que trop vraies,

le ciel tonne et fulmine et la grêle

coupe les têtes des épis et des tiges.

L’Automne en fa majeur

Le thème du refrain célèbre les « danses pour fêter la récolte en Automne ».

Premier mouvement : Allegro

Par des chants et par des danses,

le paysan célèbre l’heureuse récolte

et la liqueur de Bacchus

conclut la joie par le sommeil.

Deuxième mouvement : Adagio molto

Chacun délaisse chants et danses :

l’air est léger à plaisir,

et la saison invite

au plaisir d’un doux sommeil.

Troisième mouvement : Allegro

Le chasseur part pour la chasse à l’aube,

avec les cors, les fusils et les chiens.

La bête fuit, et ils la suivent à la trace.

Déjà emplie de frayeur, fatiguée par les fracas des armes et des chiens,

elle tente de fuir, exténuée, mais meurt sous les coups.

L’Hiver en fa mineur

Le thème principal évoque les « grelottements de froid de l’hiver »

Premier mouvement : Allegro non molto

Trembler violemment dans la neige étincelante,

au souffle rude d’un vent terrible,

courir, taper des pieds à tout moment

et, dans l’excessive froidure, claquer des dents ;

Deuxième mouvement : Largo

Passer auprès du feu des jours calmes et contents,

alors que la pluie, dehors, verse à torrents ;

marcher sur la glace, à pas lents,

de peur de tomber, contourner,

Marcher bravement, tomber à terre,

se relever sur la glace et courir vite

avant que le glace se rompe et se disloque.

Troisième mouvement : Lento

Sentir passer, à travers la porte ferrée,

Sirocco et Borée, et tous les Vents en guerre.

Ainsi est l’hiver, mais, tel qu’il est, il apporte ses joies.

 

Sources

TRANCHEFORT, François-Marie, Guide de la musique symphonique, Editions Fayard, 1986

 

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