Mozart


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Mozart est un des symboles de la musique classique, lui léguant parmi ses plus hautes oeuvres. Ce musicien autrichien du XVIIIe siècle qui est depuis devenu une des fiertés de sa nation figure parmi les Pères du classicisme avec Beethoven et Haydn. Ils fixeront l’utilisation du système tonal, celui qui régira la composition pour les deux prochains siècles. Mozart reste célèbre pour ses concertos, lui apportant parmi ses plus nobles pages comme avec le Concerto pour piano n°21 ; ses opéras restent également des inconditionnels du genre (La Flûte Enchantée, Cosi fan tutte, L’Enlèvement au Sérail), tout comme ses symphonies (la n°40).

 

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Par quoi commencer ?

Tout d’abord, essayez la Symphonie n°40, les Noces de Figaro ou encore le Concerto pour piano n°21. Globalement les dernières oeuvres de Mozart préfigurent le romantisme alors que ses premières tiennent encore du baroque.

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Biographie

L’enfant prodige

Johannes Chrysostomus Wolfgang Theophilus Mozart, vite renommé Wolfgang Amadeus Mozart, naît à Salzbourg en 1756. Il est le dernier de sept enfants, dont cinq morts en bas âge. Son père Leopold est violoniste. Le jeune Mozart commence la musique à trois ans et montre déjà des dons musicaux exceptionnels.

Premier voyage

Mozart 1763

Mozart à 7 ans

Le futur compositeur de la Flûte Enchantée voyage beaucoup durant sa tendre enfance, et débute ses péripéties en 1762 à Munich où il joue avec sa soeur (qu’on surnommait Nannerl) devant l’électeur de Bavière Maximilien III. Il se produit aussi devant l’impératrice Marie-Thérèse et commence déjà à composer de petits morceaux.

Tournée européenne (1763-1766)

Il part en famille en 1763 pour trois ans de tournée dans toute l’Europe où il rencontre Goethe, de célèbres musiciens et orchestres de l’époque. Sa réputation justifiée d’enfant prodige lui vaudra de jouer à Versailles, puis devant le roi et la reine d’Angleterre à Londres, où il rencontre Johann Christian Bach, le fils du « Grand Bach« . Plus tard en 1765 lors d’un séjour en Hollande, il tombe gravement malade à la suite de sa soeur, certainement de surmenage. Guéri, il part pour Paris où il reste quelque temps avant de rentrer dans son pays natal fin 1766. Il reste neuf mois à Salzbourg, continuant ses travaux de composition et d’interprétation avant de partir pour Vienne, au début de l’année 1768 pour quelques mois.

Quelques oeuvres de l’époque (1756-1769)

  • Symphonies en si b.mol majeur K.22 et en sol majeur K.45a
  • Kyrie en fa majeur
  • Die Schuldilgkeit des ersten Gebotes K.35 (le Devoir du premier Commandement)
  • Apollo et Hyacinthus seu Hyacinthi Metamorphosis (la Métamorphose de Hyacinthe)
  • Concertos pour clavecin K.37, K39, K40 et K41

L’Italie (1769-1772)

Fin 1769, Wolfgang et son père Leopold partent pour quinze mois en Italie, ce qui permet au jeune jeune Mozart de fréquenter des sommités du monde musical. Ils sont même reçus le 8 juillet 1770 par le pape Clément XIV. Ils regagnent enfin l’Autriche après quelque temps une deuxième fois en Italie pour quatre mois. Leur retour à Salzbourg en 1772 marque le décès de l’archevêque de Salzbourg, von Schrattenbach, protecteur des Mozart. Son remplaçant, Hieronymus Colloredo, sera bien moins jovial, et qui passait à son époque pour un personnage abject. Le père et le fils retournent cette année-là une dernière fois en Italie pour six mois de plus.

Quelques oeuvres de l’époque ( 1769-1772 )

  • Re di Ponto
  • Ascanio in Alba
  • Symphonies 15 à n°21,
  • Lucio Silla

Salzbourg (1773-1777)

Il rentre donc d’Italie en 1773, en direction de sa ville natale où il reste plusieurs années, hormis une escapade à Vienne et une autre à Munich. Ce sera une période riche en compositions où Mozart développera fortement le genre concerto.

Quelques oeuvres de l’époque (1773-1777)

  • Sérénade K.185, en ré majeur K.203 et K.204, la Serenata notturna K.239 et la Sérénade Haffner K.250
  • Symphonie n°25 K.183 en sol mineur, n°29 en la majeur K.201, pour violon et orchestre K.211, 216, 218 et 219
  • Concertos : pour basson en si bémol majeur K.291 ; n°9, en mi bémol majeur K.271
  • Il Re pastore
  • Missa longa K.262

Paris (1777-1778)

Leopold se voit refuser un congé auprès de Colloredo pour son fils et lui-même, ce qui aboutit à la démission de Wolfgang. Il part avec sa mère pour un voyage qui commence à Munich pour finalement aboutir à Paris. Sur le chemin, il rencontre une jeune cantatrice du nom d’Aloysia Weber, qu’il n’épousera pas, elle, mais sa soeur. En juillet 1778, la mère de Mozart Anna Maria Mozart meurt à Paris. Maintenant seul, Mozart rentre à Salzbourg.

Quelques oeuvres de l’époque (1777-1778)

  • Symphonie no 31 ; Symphonie concertante K.297b
  • Ballet des Petits Riens
  • Concerto pour flûte et harpe
  • Sonate pour piano en la mineur

L’indépendance (1778-1782)

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Constance Mozart, née Weber en 1782

Il est nommé au début de l’année 1779 organiste de la cour de Salzbourg. Il est à nouveau sous les ordres de Colloredo. En 1781, leurs rapports s’enveniment et il choisit de quitter le service de l’archevêque. Sa liberté, ou plutôt son absence de mécénat, lui vaudront les pires difficultés matérielles jusqu’à la fin de sa vie. Il part donc pour Vienne où il rencontre la soeur cadette d’Aloysia Weber, Constance, qu’il épouse en août 1782. Mozart est quelqu’un de dépensier et sa nouvelle épouse l’est visiblement tout autant que lui, ce qui n’arrange rien à ses problèmes d’argent. En juillet 1782 a lieu la première de l’Enlèvement au sérail qui suscite des réactions partagées. On dit même que l’empereur Joseph II trouvait que la partition comportait trop de notes, ce qui n’est pas sûr.

Quelques oeuvres de l’époque (1778-1782)

  • Idomeneo, re di Creta
  • Rondo pour violon et orchestre
  • Sonates pour piano et violon K.376 . 379 ; sonate en r. majeur K.448 pour deux pianos.
  • Die Entführung aus dem Serail (l’Enlèvement au sérail)

Vienne (1782-1787)

Il rencontre Haydn à Vienne, et une franche amitié emplie de respect et d’admiration mutuelle les lient jusqu’à la fin de la vie de Mozart. Alors que le premier reste sous le patronage du baron Esterhazy, Wolfgang se voit contraint de donner des leçons de piano. Toutefois il n’eût jamais que trois élèves et cela ne dura guère longtemps. Il se produit également en concert, qu’on appelle des « académies », bien plus rentables, les Viennois appréciant particulièrement sa virtuosité. En 1786, les Noces de Figaro, tiré du Mariage de Figaro de Beaumarchais, est achevé et est plutôt apprécié à sa sortie . Vienne et triomphe l’année suivante à Prague. Fin 1787, il rencontre un immense succès, toujours à Prague où il s’établit quelque temps, avec son nouvel opéra Don Giovanni. C’est aussi à cette époque qu’il compose sa Petite Musique de Nuit (10 août 1787).

Quelques oeuvres de l’époque (1782-1787)

Les difficultés matérielles (1787-1791)

Mozart 1789

Mozart à 33 ans

Après son succès de Don Giovanni, Mozart revient à Vienne et y reste toute l’année 1788. Sa situation financière devient inquiétante, l’artiste étant de plus en plus incompris de son public. En 1789, il part trois mois pour Prague et la Saxe, où il rencontre le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. A son retour à Vienne, la cour impériale lui commande un nouvel opéra, qui aboutira à la création de Cosi fan tutte en 1790, qui tranche par sa gaieté avec la misère dans laquelle vit Mozart. L’opéra n’obtient qu’un succès mesuré.

Quelques oeuvres de l’époque (1787-1791)

Les dernières heures (1791-1792)

Mozart composa en 1791, sa dernière année, un grand nombre de chefs-d’oeuvre qu’il n’aura pas tous le temps de terminer. Il travaille alors sur la Flûte Enchantée qui sera un formidable succès, sur La Clemenza di Tito et son Requiem. Mais il meurt au moment où il aurait pu connaître l’opulence, le 5 décembre 1791, laissant derrière lui une veuve et deux enfants en bas âge, quatre autres sont déjà morts. Son enterrement est sommaire, le cortège suivi de quelques amis et finit dans une fosse commune et l’indifférence. Haydn est à Londres lorsqu’il apprend la nouvelle qui l’attriste profondément, conscient de ce que son époque venait de perdre comme génie.

Quelques oeuvres de l’époque (1791-1792)

Le musicien

Le génie

Bien qu’il meurt à l’âge de 36 ans, Mozart nous lègue un pan de la musique classique. Ce génie délaissé aura réussi dans tous les genres, apportant ses plus belles pages au concerto, à la sonate ou encore à l’opéra. Ses symphonies, genre dont il se souciait assez peu, sont également restées comme des chefs d’oeuvre. S’il n’a pas réinventé l’art de de la composition, utilisant les formes établies par ses pairs, il brilla par l’excellence et la richesse de son inspiration. Depuis ses débuts, il fut aussi reconnu comme un virtuose, passant toute sa jeunesse à jouer devant l’élite des sociétés européennes.

Un des Pères du classicisme

Il sera à la base du style « classique » avec Haydn et Beethoven, et c’est d’après eux que se jouera toute la musique classique occidentale au XIXe et au XXe siècle. Il utilisera la forme sonate à travers l’harmonie tonale, propre à exprimer la tension dramatique qui importait tellement pour Mozart.

L’homme du drame

Pour Mozart, le drame est aussi important que la musique elle-même, ce qui n’était pas le cas auparavant. Tout en respectant l’impératif de symétrie de la forme sonate, il veille à lier musique et drame, tout en utilisant toutes les ressources du bel canto italien, c’est pourquoi l’opéra lui convint à merveille.

 

Sources

VIGNAL, Marc, Dictionnaire de la musique, Editions Larousse, 2005.

 

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