Mozart : Don Giovanni


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Don Giovanni1, K. 527 (Don Juan en français), est un opéra en deux actes et en langue italienne du genre « dramma giocoso » (« drame joyeux ») de Wolfgang Amadeus Mozart, créé à Prague le , sur un livret de Lorenzo da Ponte inspiré du mythe de « don Juan ».

Don Giovanni est, avec La Flûte enchantée, l’opéra qui eut le plus d’influence sur les compositeurs romantiques, par son mélange d’éléments comiques (buffa) et tragiques (seria). L’ouvrage est aujourd’hui considéré comme un des opéras majeurs de Mozart avec Les Noces de Figaro et La Flûte enchantée, mais aussi de tout l’art lyrique. Richard Wagner le qualifiait d’« opéra des opéras ».

Deuxième collaboration entre Mozart et da Ponte après Les Noces de Figaro, le sujet est proposé par le librettiste (selon ses Mémoires) au compositeur à la fin du printemps 1787, pour répondre à une commande du Théâtre national de Prague passée en janvier 1787, après le succès de leur ouvrage précédent (une avance de cent ducats ayant été versée).

L’histoire de « don Juan », popularisée par Tirso de Molina au travers de sa pièce El Burlador de Sevilla (1630), venait de faire l’objet d’un opéra composé par Giuseppe Gazzaniga, sur un livret de Giovanni Bertati, créé avec succès en 1786 à Venise : Don Giovanni Tenorio. Da Ponte se permettra de fait quelques emprunts au livret de son rival. en juin 1787.

Mozart travaille à la composition du mois de juillet à la veille de la création (sa célèbre ouverture aurait été ainsi écrite durant la nuit précédant la répétition générale), le au théâtre Nostitz de Prague, par la troupe qui y avait repris Les Noces de Figaro et sous la direction du compositeur. Selon certaines sources, Giacomo Casanova, présent dans la salle, aurait servi pour partie de modèle, voire aurait apporté une contribution au livret.

L’œuvre rencontre un immense succès, contrairement à la création viennoise, le au Burgtheater, qui se heurte au goût conservateur du public local (« La musique de Mozart est beaucoup trop difficile pour le chant » écrit le 16 mai le comte Orsini-Rosenberg, intendant du Théâtre impérial), malgré les modifications effectuées par Mozart : des airs supplémentaires pour le ténor Francesco Morella, interprète de don Ottavio (« Dalla sua pace », K.540a, composé le 24 avril 1788) et la soprano Catarina Cavalieri (« In quali eccessi … Mi tradì quell’alma ingrata », K.540c, composé le 30 avril) ainsi qu’un duo entre Zerlina et Leporello (« Per queste tue manine », composé le 30 avril), et la suppression de la scène finale qui voit revenir tous les protagonistes après la mort de don Giovanni. Il y eut néanmoins quatorze représentations.

Redécouverte au milieu du XIXe siècle, son succès ne s’est plus jamais démenti. Le philosophe danois Søren Kierkegaard lui consacra un long passage dans son livre Ou bien… ou bien (1843)8, parlant d’« une œuvre sans défaut, d’une perfection ininterrompue ». Le Finale dans lequel don Giovanni refuse de se repentir a été repris par de nombreux philosophes et artistes, dont George Bernard Shaw, qui le parodie dans sa pièce Homme et surhomme (1903).

Lors du centenaire , l’œuvre sera jouée 532 fois à Prague, 491 fois à Berlin et 472 à Vienne. Au répertoire de la plupart des maisons d’opéras à travers le monde, il était neuvième dans le classement des opéras les plus joués en Amérique du Nord en 2009-2010 selon l’association Opera America, totalisant 269 productions différentes entre 1991 et 2014.

Le manuscrit original a pour sa part une histoire étonnante puisqu’il est aujourd’hui propriété de l’État français : Constance Mozart le céda en 1800 à l’éditeur de son mari, Johann André. En 1854, le gendre d’André, Streicher, un facteur de pianos, essaya de le vendre en vain à différents musées avant d’entrer en relation avec Pauline Viardot par l’intermédiaire du pianiste Ernst Pauer. La célèbre cantatrice, qui avait chanté le rôle de Zerline à Saint-Pétersbourg, acquit ainsi le précieux manuscrit pour la somme – considérable pour l’époque – de 150 livres. Elle fit confectionner un coffret en bois de thuya et le conserva plus de 50 ans avant de le léguer en 1903 au Conservatoire de musique de Paris. Suite au transfert des collections au département de la musique de la Bibliothèque nationale de France en 1942, la partition constitue à ce jour un des trésors de cette dernière.

Airs célèbres

  • Aria « Madamina, il catalogo è questo » (« Air du Catalogue ») – Leporello
  • Duettino « Là ci darem la mano » – Don Giovanni, Zerlina
  • Aria « Finch’han del vino » (air dit « du champagne ») – Don Giovanni
  • Trio « Protegga il giusto cielo » (« Trio des masques ») – Donna Anna, donna Elvira, don Ottavio

Propositions d’écoute

Par Erwin Schrott

Par Bryn Terfel

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