Mozart : La Flûte Enchantée


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La Flûte Enchantée, ou Die Zauberflöte en allemand, est un opéra de Wolfgang Amadeus Mozart, créé le 30 septembre 1791 au Théâtre an der Wieden de Vienne. Elle reste un des opéras les plus connus et appréciés du compositeur, et même de toute la musique classique.
Aux temps de sa création, Mozart traverse des temps… incertains. En effet, le nouvel empereur Leopold II l’ignore et nomme le détestable Weigl comme Kappellmeister officiel, et l’Autriche se lance dans une nouvelle guerre contre la Turquie. Ce qui a un effet certain sur les subventions du gouvernement impérial.
Il faut bien vivre, et juste après la sortie de La Clémence de Tito (sortie début septembre), Mozart reçoit une nouvelle commande pour un nouvel opéra de la part de Schikaneder. Il est le directeur du Theater an der Wieden, et rédige également le livret de ce nouvel opéra. Ce sera la future Flûte Enchantée, que Mozart n’aurait pas écrit seul : d’autres musiciens y contribueront, comme le premier acteur dans le rôle de Tamino. Pressé par le temps, le célèbre compositeur termine l’oeuvre dans des conditions rocambolesques : alors que l’opéra doit sortir le 30 septembre, Mozart y travaille encore le 28 et la partition ne sera prête que le 29 !
Malgré le peu de préparation, la création est bien accueillie et sera souvent reproduite : un an après, on en compte déjà plus de cent représentations, qui feront la richesse de Schikaneder. De plus on en bisse souvent certains numéros, comme l’Air des clochettes ou le duo Bei Männern. L’opéra s’exporte d’abord à Prague (puis à travers toute l’Europe), cette fidèle Prague qui avait acclamé au début du mois sa Clémence de Tito, que Vienne refuse d’abord puis s’en délecte après que les Bohêmes l’eurent approuvé
Pour rédiger son œuvre, Schikadener aura puisé dans l’Yvain, ou le Chevalier au Lion de Chrétien de Troyes et dans Lulu oder die Zauberflöte de Wieland, une des histoires du Dschinnistan, pour en citer les plus connus. Malgré ces inspirations, le livret reste « bancal et mal écrit » et autant son texte est vacillant, autant la musique éblouit par sa joliesse et sa diversité de style.
On a longtemps parlé du contenu maçonnique de l’oeuvre, ce qui est une grille de lecture possible de l’oeuvre, mais guère la seule. En effet, son livret n’est pas réservé à une « élite maçonnique » et est fort peu littéraire pour une pièce se disant réservée à quelques ésotériques initiés.
Délaissé par Leopold II, moins de trois mois après la création de la Flûte Enchantée, qui sera son œuvre la plus auguste, Mozart meurt dans le dénuement le plus total, le 5 décembre à trois heures moins cinq.

Personnages :

-Tamino, ténor : Prince
-Papageno, basse : un oiseleur. Le nom est tiré du nom allemand Papagei qui signifie « perroquet »
-Pamina, soprano : fille de la Reine de la Nuit
-La Reine de la Nuit, soprano
-Sarastro, basse : un démon. En référence au philosophe antique, Zoroastre.
-Monostatos, ténor : chef des esclaves
Ordre : Orchestre, Chef d’Orchestre, Tamino, Papageno, Pamina, Reine de la Nuit

Enregistrements

Chez Östman avec le Drottningholm Orchestra, on appréciera la précision et l’éclat de la direction orchestrale. Dans l’air de la Reine de la Nuit, interprété un peu rapidement d’abord mais d’une façon tout à fait singulière dont on appréciera l’enchainement des ornements. De plus, le parterre de chanteurs est vraiment très bien etoffé, et les choeurs n’ont rien à leur envier, à l’instar de l’air des clochettes, un instant de magie, sussurré du bout des lèvres.

Wolfgang Amadeus Mozart, Die Zauberflöte, Arnold Östman avec le Théâtre Royal de Drottningholm, Kurt Streit, Gilles Cachemaille, Barbara Bonney, Sumi Jo

Autre possibilité, la brillante version de Gardiner avec les English Baroque Soloists où l’on appréciera tout le charme dont sait faire preuve le maestro à l’orchetre. La Reine de la Nuit a une voix claire, suave, sensuelle, plus romantique et passionnée. Quant aux autres chanteurs et choeurs, ils rivalisent de talent avec la précédente formation.

Wolfgang Amadeus Mozart, Die Zauberflöte, John Eliot Gardiner avec le English Baroque Soloists, Michael Schade, Gerald Finley, Christiane Oelze, Cyndia Sieden

 

Sources

KAMINSKI, Piotr, Mille et un opéras, Editions Fayard, 2004

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