Mozart : Sérénade n°11 « Gran Partita »


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La Sérénade KV 361 en si bémol majeur, dite Gran Partita, est une œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart pour douze instruments à vent et contrebasse en sept mouvements. Consacrée à l’origine au plein-air, cette « musique du soir » dépasse l’esprit simple du divertimento pour rejoindre celui de la symphonie.

Grâce à son inspiration et l’équilibre de son écriture musicale, la diversité de ses formes et de ses genres, ses dimensions et son effectif imposants, chaque partie étant destinée à un instrumentiste soliste, cette sérénade est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre du répertoire de musique de chambre des vents.

Sa genèse reste controversée : le manuscrit autographe porte la date de 1780, mais l’inscription n’est pas de la main du musicien. Elle rature de plus une date plus ancienne (1777). Son titre Gran Partita ne vient pas non plus du compositeur. Il a été rajouté ultérieurement d’une écriture et d’une encre différente de celle de la partition. Il semble qu’en fait, sa composition soit contemporaine de celle de son opéra L’Enlèvement au sérail qui date de 1781. C’est en tout cas le parti pris dans le Catalogue Köchel.

Des travaux récents du musicologue David Whitwell et de l’instrumentiste Eric Hoeprich fixent une date postérieure aux sérénades KV 375 et 388 en se basant sur une possible première audition le 23 mars 1784 sous la direction de Anton Stadler au Burgtheater (au moins pour quatre des sept mouvements). La première édition, date de 1861 chez Breitkopf.

Il est possible que la sérénade soit le résultat de la combinaison de deux œuvres antérieures, les deux derniers mouvements semblant présenter deux types alternatifs de finale.

La pièce se caractérise également par son ampleur et en fait l’une des plus longues compositions non vocales du musicien (près de 50 minutes). Elle est au carrefour de tous les genres. Le nombre de mouvements l’apparente à la suite, la durée et l’opulence de l’instrumentation lui donne un souffle symphonique, mais l’effectif et surtout les dialogues entre les pupitres, entrecoupés de tutti, la classent clairement dans la musique de chambre.

Elle se compose de sept mouvements :

  • Largo – Molto Allegro

L’introduction lente, d’une gravité dramatique, fait songer à une cérémonie maçonnique. L’allegro qui suit détend l’atmosphère. Il est de forme sonate monothématique (le second sujet présenté en fa Majeur dérive du premier). Le développement avec ses gradations chromatiques est résolument symphonique.

  • Menuetto – Trio primo – Menuetto – Trio secondo – Menuetto

Le menuet, en si bémol majeur, est dans l’esprit de la sérénade de plein air. Le premier trio, en mi bémol majeur, est en fait un quatuor mettant en valeur les sonorités chaudes des clarinettes et des cors de basset. Le second, au relatif sol mineur, est un des passages les plus tragiques de l’œuvre mozartienne. Les hautbois dialoguent avec les autres instruments sur les triolets obsédants du premier basson.

  • Adagio

C’est le mouvement le plus impressionnant de l’œuvre. En mi bémol majeur, sur des arpèges du deuxième basson et de la contrebasse, une cellule rythmique en doubles-croches crée un fond incantatoire sur lequel les instruments solos déploient les phrases mélodiques sans amplification oratoire. L’atmosphère est contemplative. Le discours progresse sur un mode de sérénité parfaite évoquant une sorte de poésie musicale.

  • Menuetto (Allegretto) – Trio primo – Menuetto – Trio secondo – Menuetto

Revenant à la tonalité principale, le deuxième menuet de l’œuvre retrouve un climat de divertissement que le premier trio, en si bémol mineur, rompt violemment. Le second trio en fa majeur retrouve l’ambiance populaire d’un landler à trois temps, avec sa grande ligne de croches sur trois octaves des premiers hautbois, cor de basset et basson, la contrebasse seule sur les premiers temps en pizzicatos, les autres « piquant » avec légèreté les deuxièmes et troisièmes temps.

  • Romance (Adagio – Allegretto – Da Capo sensa repliche – Coda

De forme ABA, la romance est coupée par la partie centrale sombre et agitée sur des doubles-croches des basses qu’Alfred Einstein trouvaient étrangement burlesques.

  • Thema mit Variationen (Andante)

Le thème, agreste et primesautier, est présenté par la clarinette solo. Il est en deux parties, le premier membre servant de tremplin aux variations du second.

    • Variation I – spirituel et moqueur avec ses triolets de doubles-croches
    • Variation II – tendre et ironique avec ses anacrouses de triples-croches
    • Variation III – délicat et rêveur avec ses doubles-croches de basses
    • Variation IV – mélancolique en si bémol mineur
    • Variation V (Adagio) – le thème prend de l’ampleur ; le hautbois s’en saisit pour le transformer en un arioso très émouvant
    • Variation VI (Allegretto) – revient à la rusticité sur un rythme ternaire (valse rapide)
  • Finale (Molto Allegro)

C’est un rondo tout en allégresse. Le mouvement perpétuel est composé d’un refrain, deux couplets (l’un de trois reprises, l’autre de quatre) et d’une coda.

Propositions d’écoute

Par Furtwängler

Par Mackerras

Par Schønwandt

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