Chostakovitch


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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) est un des plus grands compositeurs russes du XXe siècle. Connu principalement pour sa Valse n°2 et sa Cinquième Symphonie qu’il n’appréciaient guère, ce grand homme de la musique russe sera aussi compositeur du régime soviétique, malgré son opposition au stalinisme.

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Par quoi commencer ?

Très connue du grand public pour avoir été la musique d’une publicité, sa Valse n°2 est un passage obligé du répertoire de Chostakovitch. De plus, son Concerto pour piano n°2 et sa Cinquième symphonie figurent parmi les oeuvres les plus appréciées du compositeur russe.

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Biographie

Dimitri Chostakovitch naît à Saint-Pétersbourg en 1906 dans une famille d’origine sibérienne où la musique règne en maître, entre chant et piano. Il entre à treize ans au conservatoire (dirigé par Glazounov) afin d’étudier le piano et la composition. Il y compose ses premières œuvres, dont sa Première Symphonie en 1925 à l’âge de 19 ans ! Deux ans plus tard, le régime soviétique lui commande une nouvelle symphonie, afin de commémorer l’anniversaire de la révolution d’Octobre. Il sera sa vie durant le compositeur « officiel » de l’URSS, entre conformisme et opposition au régime. Il échappe de peu à une arrestation, en 1936, l’époque des purges staliniennes et décide de ne pas jouer sa Quatrième Symphonie, évitant de faire parler de lui. Il compose dès lors une Cinquième Symphonie (1937), qui lui vaut d’être reconsidéré. La même année, il est nommé professeur du conservatoire de sa ville natale.

En 1941, sa septième symphonie rend hommage à la résistance de Leningrad contre l’oppresseur national-socialiste, deux ans plus tard, il s’installe à Moscou et y continue ses enseignements. Il retombe en disgrâce en 1948 par le rapport Jdanov, censé définir les canons de beauté musicaux du régime, et sa Neuvième Symphonie de 1945 s’avère non-conforme.

Son Chant des forêts paru l’année suivante le ressort de son opprobre, qu’il connaîtra à nouveau avec sa Treizième Symphonie (1962), dans lequel il s’oppose au stalinisme. C’est à cette période qu’il se fait connaître à l’étranger, particulièrement en Grande-Bretagne et assez peu en France dont l’avant-garde est très critique vis-à-vis de Chostakovitch. Il meurt à Moscou le 9 août 1975 à l’âge de 69 ans.

Le musicien

Comme beaucoup d’artistes du pays, Chostakovitch cherche à définir « l’âme russe » dans ses œuvres. Il a beau s’être intéressé aux courants occidentaux, il est bien plus l’héritier de Moussorgski, qu’il admirait, que de Berg ou Stravinski. Par la puissance de ses symphonies, on le place aussi volontiers comme le successeur de Mahler, surtout avec sa Quatrième. Chostakovitch voulut écrire vingt-quatre symphonies (une dans chaque tonalité) et n’eut le temps d’en élaborer « que » quinze. Il en va de même pour les quatuors à cordes. Il écrivit encore des concertos, quelques opéras, une opérette, et quelques autres formes mineures.

On compte parmi les thèmes récurrents chez l’artiste « l’écrasement de l’artiste par un pouvoir tyrannique », chez cet homme au caractère pessimiste, combattant l’adversité par un humour grinçant et sarcastique.

 

Sources

VIGNAL, Marc, Dictionnaire de la musique, Editions Larousse, 2005.