Rachmaninov : Concerto pour piano n°2


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Le concerto pour piano n°2 en do mineur op.18 de Serge Rachmaninov a été créé le 27 octobre 1901 à Moscou. Les deux derniers mouvements ont déjà été présentés l’année passée, le 2 décembre 1900. Après l’échec de sa Première symphonie en 1897, Rachmaninov endura 3 années de dépression qui finissent avec ce Concerto. La dédicace est offerte au médecin qui l’aura suivi pendant ces temps de douleur et lui proposa d’écrire un nouveau concerto pour piano, le docteur Niels Dahl. Cette œuvre devint la plus jouée de son répertoire et représente un véritable défi pour le soliste.

Enregistrements

 

La palme revient à Haitink et Ashkenazy qui nous délivrent un enregistrement où on sent quelque chose de supérieur aux autres : toujours très beau, toujours joué avec grâce et délicatesse, il parvient à nous livrer la finesse inégalable de l’oeuvre.

Serge Rachmaninov, Concerto pour piano n°2, Bernard Haitink avec l’Orchestre du Concertgebouw, Vladimir Ashkenazy

C2P Rach-Ashkenazy

On appréciera avec Riccardo Muti et Andrei Gavrilov toute l’élégance de cette enregistrement qui sait révéler justement la tension et le charme de l’oeuvre tout en suggérant des notes orientales dans le troisième mouvement.

Serge Rachmaninov, Concerto pour piano n°2, Riccardo Muti avec le Philadelphia Orchestra, Andrei Gavrilov.

C2P rach-Muti

Collard et Plasson exécutent ici un premier mouvement vraiment joué comme je le souhaiterais et un deuxième tout en beauté. Le dernier mouvement se développe lentement, d’abord tout en retenue, puis égrène progressivement sa tension tout en sachant rendre impeccablement la délicatesse et les charmes de ce Concerto.

Serge Rachmaninov, Concerto pour piano n°2, Michel Plasson avec l’Orchestre du Capitole de Toulouse, Jean-Philippe Collard.

C2P Rach-Collard

Un orchestre fin, un piano délicat, Zimerman et Seiji Ozawa nous délivrent un Concerto n°2 vibrant et plein de ressources. Même si l’oeuvre est toujours emplie de raffinement, on pourra la trouver légèrement rapide par moments.

Serge Rachmaninov, Concerto pour piano n°2, Seiji Ozawa avec le Boston Symphony Orchestra, Krystian Zimerman.

C2P Rach-Zimerman

 

Autour de l’oeuvre

Premier mouvement : Moderato

L’introduction commence par un solo de piano suivi de l’arrivée du premier thème composé de deux mélodies. Les violons, altos et clarinettes donnent la première mélodie, mélancolique. Celle-ci est inspirée du troisième mouvement, qu’on peut entendre au début de la coda. La seconde mélodie est donnée aux cordes. Le second thème au piano est caractéristique du style de Rachmaninov, mélancolique et tourmenté. On peut entendre à sa suite un contrepoint assez court, au piano et violoncelle. Le développement répète grosso modo les thèmes décrits précédemment.

La réexposition reprend d’abord la première mélodie aux cordes, accompagnée par le piano. Il jouera la seconde mélodie du premier thème. Le second thème, plus développé que le second thème de l’exposition, commence au cor solo, sur les trémolos des cordes, clarinettes et bassons. Contrairement à la plupart des concertos il n’y a pas de cadence dans ce mouvement, moment où le soliste peut faire preuve de toute sa virtuosité. La coda avance crescendo et l’orchestre accompagne un piano qui regagne en panache.

Deuxième mouvement : Adagio sostenuto

Après une courte et sombre introduction à l’orchestre que suit le piano, la flûte entame la première partie du thème principal sur un ton paisible, accompagnée par le piano. La seconde partie sera jouée par la clarinette puis les rôles s’inverseront entre piano et orchestre, le premier menant la danse. Après le développement qui module les précédents thèmes, une transition virtuose prépare la cadence à venir.

La cadence est habituellement basée sur le contenu des thèmes de l’exposition. Ce n’est pas le cas ici, le contenu est tout à fait nouveau. A la suite de celle-ci on retrouve le premier thème joué maintenant aux violons. La coda, innocente et délicate, s’illumine au piano qu’accompagnent les cordes. Elle forme certainement le passage le plus mémorable de ce mouvement.

Troisième mouvement : Allegro Scherzando

Il débute par une introduction à l’orchestre sous forme de marche suivie d’une cadence, d’habitude située en fin de mouvement. Le premier thème s’expose et se distingue par sa légèreté et son côté dansant. Le second thème, aux hautbois et altos, sera repris par le piano, sur un ton sensible et passionné. Lui fait suite un thème conclusif, aussi méfiant que brillant. Le mouvement se passe de développement, et enchaîne directement avec la réexposition.

Le premier thème du mouvement est y repris et développé, et le tempo s’accélère progressivement. La suite est un dialogue entre le piano et l’orchestre contenant un fugato. Les violons et une flûte reprennent le second thème, sous une forme finale légèrement différente. Elle est suivie du thème conclusif, au piano avec le concours des cordes et de la cymbale.

La coda apparaît, basée sur le premier thème, et après un bref tutti, voilà qu’elle est conclue par une nouvelle cadence où l’orchestre tantôt cède la place au piano et l’accompagne, tantôt reprend ses droits.

 

Sources

TRANCHEFORT, François-Marie, Guide de la musique symphonique, Editions Fayard, 1986.

 

Commentaires

  1. Lilly    

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