Saint-Saëns : Danse Macabre



La Danse macabre est un poème symphonique de Camille Saint-Saëns composé en 1874 et créé le 24 janvier 1875 aux Concerts Colonne à Paris. Aussi incroyable que cela nous paraisse, l’oeuvre est copieusement sifflée à sa première ! D’où nous vient cette création ? Elle est inspirée d’un poème de Jean Lahor, sur une mélodie pour chant et piano déjà composée par Saint-Saëns. En voici les vers :

« Zig et zig et zag, la Mort en cadence

Frappant une tombe avec son talon

La Mort, à mi-nuit, joue un air de danse

Zig et zig et zag, sur son violon…

On entend claquer les os des danseurs…

Mais psitt ! Tout à coup, on quitte la ronde

On se pousse, on fuit, le coq a chanté »

Liszt en fera une transcription pour piano peu après.

Vous pourrez reconnaître après les douze coups de minuit, un premier thème. Il est donné par le « violon de la Mort », sur un ton dansant et sarcastique. Lui suit un second thème sous les traits d’une « valse lente et mélancolique ». Le thème se déploie ensuite en fugato et déploie une parodie de Dies Irae. Le xylophone sur les pizzicatos des cordes évoquent des « chocs d’ossements » qui se meurent au chant du hautbois qui figure celui du coq et le retour de l’aube.

Enregistrements

A l’orchestre

Ce qu’on perçoit tout au long de cette interprétation par Pierre Dervaux avec l’Orchestre des Concerts Colonne, c’est une brillance et de la lumière Quelle grâce, quelle harmonie, le seul élément qui ai pu me rebuter est un court passage au triangle, trop aigu. Le reste est parfaitement exécuté, joué avec une certaine tension dramatique. Là où les autres se contentent d’être plats, Dervaux nous emmène dans une Danse macabre lumineuse,  et sait tout de même faire preuve de fougue dans un finale grandiose et explosif !

La version d’Emmanuel Krivine avec l’Orchestre national de Lyon commence avec ses premiers accords qui sont proprement diaboliques, et s’enchaîne une suite belle et intrigante. La suite alterne entre la délicatesse et langueur des violons et un tutti fait de clarté et d’élégance. C’est un oui total !
Camille Saint-Saëns, Danse Macabre, Emmanuel Krivine avec l’Orchestre national de Lyon

 

Au piano

Excellente interprétation par Yevgeny Sudbin, une danse faite de couleurs. L’arrangement vous présente une version légèrement différente, puisqu’arrangée par Liszt, Horowitz et Sudbin. Celle-ci rend de manière tout à fait charmante et légère.

Camille Saint-Saëns, Danse Macabre, Yevgeny Sudbin

 

Bonus :

La première version proposée en bonus est à l’orgue. L’instrument donne une dimension mystique et proprement macabre à cette danse. Quel plaisir de voir le ballet des mains de l’organiste nous jouer avec une prose délicate à souhait cette impressionante transcription, entre emportement et langueur. Passionant à voir !

La seconde version est un arrangement à la thérémine. Plus que tous les autres, cette vidéo nous emmène dans un monde encore plus macabre, diabolique On peut sentir un vent d’effroi, malsain qui contraste avec un côté lumineux présent dans l’oeuvre ainsi que dans son interprétation. La vidéo alterne entre des extraits de Tim Burton et un très mauvais rendu du jeu de la soliste. C’est tout de même très plaisant à écouter !

Sources

TRANCHEFORT, François-Marie, Guide de la musique symphonique, Editions Fayard, 1987.

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