Ravel : La Valse



La Valse est un « Poème chorégraphique pour orchestre » de Maurice Ravel. Elle est créée le 20 décembre 1920 aux Concerts Lamoureux à Paris par Camille Chevillard. Cette œuvre trottait dans la tête de Ravel depuis une quinzaine d’années (!) et comptait premièrement l’appeler Wien, une façon de rendre hommage à la valse viennoise. Il parle de son idée en 1906 en ces termes :

« Ce n’est pas subtil, ce que j’entreprends pour le moment, une grande valse, une manière d’hommage à la mémoire du grand Strauss, pas Richard, l’autre, Johann. Vous savez mon immense sympathie pour ces rythmes admirables et que j’estime la joie de vivre exprimée par la danse plus profonde que le puritanisme franckiste ».

Au final, ce sera l’impresario de ballet Diaghilev qui parviendra à le décider de mener à bien cette idée en 1919. L’année suivante, après la première audition, il refuse de le créer dans ses Ballets russes… Les deux hommes se brouillent et seront en froid jusqu’à la fin. Suite à sa création, pendant près de dix ans, l’oeuvre court les salles de concert, mais aucunement les scènes de ballet. Il faudra attendre 1929 et le soutien d’Ida Rubinstein (qui lui commandera son célèbre Boléro) pour voir le premier ballet de La Valse.

Voici ce que note Ravel en tête de sa partition : « Des nuées tourbillonnantes laissent entrevoir par éclaircies des couples de valseurs. Elles se dissipent peu à peu ; on distingue une immense salle peuplée d’une foule tournoyante. La salle s’éclaire progressivement. La lumière des lustres éclate au plafond. Une cour impériale vers 1855 ».

Malgré ces indications précises, La Valse est bien loin du faste viennois qu’on repère aisément chez Johann Strauss fils : les thèmes s’enchaînent et ne tournoyent que la morbidité et le glauque. D’abord mystérieuse et singulière, l’inquiétude persiste sous les traits d’une « danse macabre », obsédante et raffinée.

Enregistrements

Ravel, La Valse, Louis Fremaux avec le London Symphony Orchestra
Ravel, La Valse, Philippe Jordan avec l’Orchestre de l’Opéra de Paris

Bonus

Veronica Dudareva avec l’Orchestre Symphonique de Moscou

Sources

TRANCHEFORT, François-Marie, Guide de la musique symphonique, Editions Fayard, 1987.

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