Beethoven


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Ludwig van Beethoven (la particule ne témoigne pas d’ascendance noble) est un compositeur allemand né à Bonn en 1770 et mort à Vienne en 1827. Ses oeuvres feront grandement évoluer la musique classique occidentale, transformant le langage musical à la base du romantisme. Malgré tout, la force de son génie suscite l’incompréhension de son époque, et sa vie se consume dans la solitude et la surdité, qu’il traîne depuis ses 30 ans. Après lui, la symphonie et le concerto – surtout la Cinquième, la Neuvième et son Cinquième concerto pour piano – accèdent aux rangs suprêmes dans l’échelle des genres par leur force. Il aura également composé avec brio des sonates, comme les très connues sonates « Au Clair de Lune », « Pathétique » ou « Appassionata », des quatuors, les premiers Lieder.

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Par quoi commencer ?

La 5e symphonie, la 9e symphonie, la Sonate au Clair de Lune sont ses oeuvres les plus connues et forment la base de son répertoire.

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Biographie

La jeunesse à Bonn

Beethoven 1783

Beethoven à 6 ans

Ludwig est le deuxième d’une famille de sept enfants dont seulement trois survécurent. Comme pour Mozart, son père veut en faire un « enfant prodige », cherchant à rentabiliser ses talents. Sa jeunesse ne fut pas très heureuse, mais les biographes ont eu tendance à exagérer ses souffrances. Il eut plusieurs maîtres dont premièrement son père Johann, et surtout Neefe qui sera son premier véritable maître en 1782. Il aura beaucoup d’influence sur Beethoven, le familiarisant avec Bach, Gluck, la musique d’orchestre, la poésie et le théâtre.
Son talent lui obtient vite de pouvoir étudier à Vienne en avril 1787, par l’intermédiaire du comte Waldstein. Le jeune pianiste en revient bien vite pour assister à la mort de sa mère, pendant que son père sombre toujours plus dans l’alcoolisme. Il partira définitivement pour Vienne le 2 novembre 1792 – en « congé de formation » – et à cette occasion le comte Waldstein écrira cette célèbre maxime : « Recevez des mains de Haydn l’esprit de Mozart ». 

Vienne : les heures de gloire

Beethoven se fait immédiatement reconnaître par l’aristocratie viennoise, qui lui commande plusieurs trios. Il rendra également hommage à Haydn dans ses 3 sonates op.2 pour piano (1795-1796), ayant étudié chez lui. Toutefois, ses cours chez lui furent plutôt bref et il s’inspira plus de son style que de ses leçons de contrepoint. Il brille déjà par sa virtuosité et ses improvisations au piano, où sa carrière débute en 1795 par un concerto de Mozart, puis jouant dans tous les salons de la capitale autrichienne à des auditeurs émus de ses prestations. Il réalise l’année suivante des tournées dans les plus grandes villes de l’Empire. et forme l’ébauche de sa première symphonie. C’est à cette période qu’il compose notamment les sonates op. 13« Pathétique », op.26 et 27 qui révolutionnent la forme sonate.
Mais en 1801, il confie à des amis le début de sa surdité qui l’emmurera dans un monde de silence. Il rencontre la même année une jeune cantatrice Giulietta Guicciardi à qui il dédie la sonate op. 27 no 2, dite « Clair de lune« . Nous ne savons pas grand-chose des relations qu’eurent les deux artistes, seulement que Giulietta finit par épouser le comte Gallenberg et que Beethoven s’enferme dans la solitude. C’est à cette période que voit le jour sa Deuxième symphonie et le premier mouvement de sa Troisième, qui sera achevée en 1804. Républicain convaincu, Beethoven croit aux idées de la Révolution Française, et choisit de dédier sa Troisième à Bonaparte, qu’il considère comme « l’égal des grands consuls romains ». Lorsqu’il apprend qu’il s’est fait sacrer empereur, il déchire la page de dédicace sous le coup de la colère et lui donne le nom de Sinfonia eroica (Symphonie héroïque).

Beethoven à 29 ans

Beethoven à 35 ans

En 1805, il achève son unique opéra, Léonore ou l’amour conjugal, qu’il renomme bien vite Fidelio, monté en novembre dans une Vienne envahie par Napoléon et ses troupes, où tous fuirent. Il représente une nouvelle fois son oeuvre en mars 1806, et retravaille encore Fidelio pendant huit ans qui obtient la forme qu’on lui connaît aujourd’hui.
De cette époque (1804-1808) datent aussi :

La désertion (1809-1812)

Le public comprend de moins en moins ses oeuvres, car Beethoven repousse toujours plus loin les limites de la composition. Il se brouille avec Lichnowsky, un aristocrate mélomane et songe à partir, las de Vienne. Ses admirateurs tremblent et l’année même, les princes Kinsky, Lobkowitz, ainsi que l’archiduc Rodolphe lui versent par décret une rente annuelle de 4000 florins. Il crée en 1812 le cinquième concerto pour piano, un des plus célèbres du genre ainsi que la sonate dite « des Adieux », la Septième et le début de la Huitième.

La tourmente et la détresse (1813-1819)

De 1813 à 1819, Beethoven semble traverser une grave crise d’où il écrit, morne, « Rien ne peut plus désormais m’enchaîner à la vie », écrivant peu et le plus souvent des oeuvres d’assez moindre importance. Toutefois, des oeuvres brillantes émergent à ce moment de sa souffrance comme :

  • la sonate pour violoncelle op.102 (1815),
  • le premier cycle de lieder de l’histoire : An die ferne Geliebte (1816) (« A la fiancée bien-aimée »),
  • la sonate n°28 op. 101 (1816),
  • la sonate n°29 op. 106 (1816), un de ses chefs d’oeuvre.

Les années 1817 et 1818 sont les pires de son calvaire, dans sa surdité, dans ses tourments, il affronte la jaunisse et une inflammation pulmonaire, en plus d’ennuis domestiques multiples.

Les dernières oeuvres (1819-1827)

Beethoven 1811

Beethoven à 41 ans, déjà sourd

Il se tire enfin de son mal en 1819 avec une nouvelle oeuvre : la Missa solemnis commandée par l’archiduc Rodolphe pour son intronisation comme archevêque. Il compose avec ses dernières sonates le Kyrie, le Gloria ainsi que le Credo. Puis vient l’heure de la création en 1823 de sa fameuse Neuvième Symphonie, dont le quatrième mouvement est l’un des plus renommés. C’est aussi l’époque des 33 Variations sur une valse de Diabelli op. 120 (1819-1823) et des dernières sonates pour piano : les op. 109, 110 et 111 (1820-1822).
Bientôt à la fin de sa vie, Beethoven semble avoir trouvé un surprenant équilibre : le succès l’indiffère, son apparence est négligée au possible, et communique avec ses proches par le biais unique de « cahiers de conversation ». Il reste pessimiste et critique, mis à part en parlant des Anglais qu’il admire. Ses dernières années sont toutes tournées vers les quatuors, qui sont ses « chefs d’oeuvre intérieurs », à savoir du 12e au 16e. Il meurt le 26 mars 1827, suivi par un cortège de 20 000 personnes.

Le musicien

La croisée des genres

Beethoven nous laisse un des plus grands héritages de la musique classique occidentale tout en l’ayant transformé : il n’est guère plus classique et entame le romantisme, qui se définira en grande partie d’après lui. Le compositeur nous laisse sonates, concertos, symphonies grandioses, un opéra, des lieder, des quatuors, etc. en réinventant le langage musical, qui passait en son temps pour un « libre-penseur », ce qui était bien plus insultant qu’à notre époque.
De pianiste-virtuose reconnu au début de sa carrière, il devient de plus en plus incompris au gré de ses escapades hors des carcans du style classique, avec ses oeuvres dénoncées comme farfelues, voire sauvages.

La conception de l’art selon Beethoven

« L’art n’a pas de limites » écrivit Beethoven. C’est un progressiste musical qui désarçonnera les codes de la période classique, qui ne doit pas être une musique facile, un divertissement. Elle doit au contraire apporter un message nouveau et révéler aux hommes leur « véritable nature ». Il est de plus héritier de la pensée musicale issue de la Révolution, comme dans son opéra Fidelio, sa marche funèbre inspirée de celle de Gossec ou les thèmes de Prométhée et de l’Ôde à la Joie, d’après le poème de Schiller.

Apports

La transformation des fonctions musicales

Beethoven fut un des des grands incompris de son époque. Il conserva le style classique, utilisant toujours la forme sonate mais déplaça les fonctions que portent la tonique et son passage à la dominante – dans l’idée de créer une tension puis de la résoudre – sur d’autres éléments, à savoir le timbre, le rythme et la matière sonore. Il modifia aussi la notion de thème, qui n’est plus forcément mélodique et réorganise le temps musical avec la notion de « densités de temps », pour se rapprocher toujours plus avec l’impératif dramatique que doit porter la musique. Chez lui, c’est aussi l’oeuvre qui crée sa propre forme, d’où ses excursions parfois loin de la forme sonate, comme dans certains de ses quatuors. Il était de plus critiqué pour écrire une « musique militaire » sans que l’on comprenne que désormais, les cordes ne sont plus les seules à conduire le discours : les cuivres aussi tiennent un rôle de premier plan.

La symphonie

D’une oeuvre courte d’une dizaine de minutes environ, Beethoven en crée une apothéose de compositeur. Il n’en laissera d’ailleurs que neuf achevées, avec des avancées significatives, comme le nouveau rôle des cuivres ; des libertés, comme le remplacement de l’Andante par une marche funèbre dans l’Héroïque, ou dans les modulations.
Chaque oeuvre renouvelait la précédente et préfigure tout un pan des symphonies du XIXe siècle, tout en s’éloignant de l’esprit de la musique à programme.

Le concerto

Son cinquième concerto bouleverse le genre en débutant le premier mouvement par un long solo de piano composé et non plus improvisé. Il introduit aussi une liaison entre le deuxième et le troisième mouvement, ce qui sera repris plus tard.

Les Lieder

On doit à Beethoven, et non à Schubert le premier cycle de Lieder, An die ferne Geliebte (A la bien-aimée lointaine), comportant six poèmes de Jeitteles. Il commença un genre qui aura ses plus belles heures avec Schubert et Schumann.

La sonate

Il nous laissera parmi les plus belles pages des sonates, dont il confrontera la forme rigoureuse à la force de son génie comme dans les sonates :

Les quatuors

Ils sont les accomplissements les plus grandioses de la fin de sa vie, particulièrement novateurs ; à savoir les n°12 à 16 et les Variations Diabelli.

 

Sources

VIGNAL, Marc, Dictionnaire de la musique, Editions Larousse, 2005.

 

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