Beethoven : Symphonie n°5


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Beethoven commença à écrire cette symphonie juste après sa Troisième en 1805, mais se rétracta pour une nouvelle œuvre qui donnera finalement la Quatrième. Elle sera exécutée en même temps que la Sixième, le 22 décembre 1808 au théâtre An der Wien de Vienne. Ce chef d’oeuvre fut dédié à « Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Prince régnant de Lobkowitz, duc de Raunitz » et à « Son Excellence Monsieur le comte de Rzumovsky ».

Ce fut un succès immense et immédiat dans toute l’Europe ; Berlioz parle en ces termes d’une exécution parisienne de la Cinquième en 1834 : « L’auditoire, dans un moment de vertige, a couvert l’orchestre de ses cris ».

Enregistrements

Itunes et Amazon, distributeurs partenaires, vous permettent l’écoute de 30 secondes de chaque morçeau afin de faire au mieux votre choix.

 

Furtwängler nous offre ici un enregistrement électrisant et très beau, à la qualité sonore acceptable (le son est certes « vieillot » mais reste correct). Le style de direction très particulier de Furtwängler fait qu’on sent par moments, particulièrement aux changements d’atmosphère (de tempo, de caractère, etc.), que l’orchestre perd ses repères avant d’avancer vers une osmose violente et vibrante. Emotions fortes garanties.

Lien Itunes : Ludwig van Beethoven, Symphonie n°5, Wilhelm Furtwängler avec le Wiener Philarmoniker

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Abbado : un sens impeccable de la nuance, une juste adéquation entre force et subtilité qui mènent à un sentiment général d’harmonie, de grâce et de paix. Très plaisant à l’écoute, l’interprétation est aussi plus régulière que Furtwängler.

Lien Itunes : Ludwig van Beethoven, Symphonie n°5, Claudio Abbado avec le Wiener Philarmoniker

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Markevitch : un enregistrement éclatant, toujours brillant. Le plus en puissance des trois, à tel point qu’on sentirait presque le destin frapper Beethoven dans le premier mouvement. Seul le dernier mouvement, un peu rapide, franchit la barrière de la puissance pour être agressif et brutal par moments. Cela dit, l’enregistrement reste de très bonne facture, surtout compte tenu de son prix ridicule.

Lien Itunes : Ludwig van Beethoven, Symphonie n°5, Igor Markevitch avec l’Orchestre des concerts Lamoureux

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Basé sur l’écoute de 73 enregistements

Autour de l’oeuvre

Mouvement 1 : Allegro con brio en do mineur

Lorsque Schiller le grand poète allemand, demanda à Beethoven la signification du premier thème, il répondit : « Ainsi le destin frappe à la porte ». C’est pourquoi depuis lors, le premier thème, en temps et en grandeur, porte le nom de « thème du Destin ». Il est répété sur plus de cinq cents mesures et reviendra de manière récurrente à travers l’ensemble de l’oeuvre.

La Cinquième comme donc par les quatre notes du thème, et est repris par tout l’orchestre. Un second thème apparaît dolce d’abord aux premiers violons puis aux bois (clarinettes suivies des flûtes) avant de revenir aux violons, et enfin aux basses. L’exposition se conclut, mais est reprise depuis le début avant de passer au développement

Il débute par le premier thème aux cors puis ce sera un jeu de répliques, uniquement basé sur le « thème du Destin » entre les bois, les cuivres et les cordes. Par la suite, l’orchestre jouera tutti le thème inversé. La réexposition commence avec un chant plaintif et adagio du hautbois, puis après la répétition du premier thème, voilà le second qui commence piano au violon avant d’aller crescendo. La suite répète à peu de choses près l’exposition.

La coda entre en scène avec un solo mélodique des cordes et l’orchestre conclue fortissimo l’Allegro.

Mouvement 2 : Andante con moto en la bémol majeur

Les altos et violoncelles (sur les pizzicatos des contrebasses) annoncent le premier thème de l’Andante, apaisé, qui s’étend à l’ensemble des cordes puis vers les bois. Le second thème d’abord dolce aux clarinettes et bassons s’expand vers l’ensemble des vents, fortissimo. Voici le retour du « thème du Destin » aux altos et violoncelles, dont les cordes joueront une variation.

Une seconde variation intervient aux cordes, alors que se détache une seconde mélodie pour finir par le retour du second thème, impliquant tout l’orchestre. On assiste à une modulation du premier thème qui sera repris fortissimo. Puis après un solo de basson soutenu par les pizzicatos des cordes, le premier thème revient avant la coda où l’orchestre rentre crescendo.

Mouvement 3 : Allegro en do mineur

Il commence avec le premier thème, donné pianissimo par les violoncelles et les contrebasses, bien vite rejointes par le reste des cordes et des bois dans une atmosphère soupçonneuse. Le thème du Destin revient par les cors, puis tutti avant de revenir au thème énoncé peu avant. Le thème du Destin renaît brutalement avant de s’éteindre ainsi.

Les violoncelles et contrebasses débutent un fugato, que suivent les bassons et les altos, puis par l’ensemble des cordes. Il s’éteindra par les violons pianissimo et les flûtes dans l’aigu. Le motif du mouvement revient en pizzicatos avec quelques courtes incursions du thème du Destin aux bois. Enfin, les cordes ainsi que les timbales préparent le tutti qui explosera à l’arrivée du quatrième mouvement, sans transition entre les deux Allegros.

Quatrième mouvement : Allegro en do majeur

Dans la continuité de la fin du mouvement précédent, l’orchestre joue maintenant un thème aux airs victorieux et se développe aux cordes. Les bois font apparaître un second motif dans le même esprit.

Puis un troisième thème aux clarinettes et bassons qui s’étend à tout l’orchestre, concluant ainsi l’exposition. Le développement répète à peu de choses près les précédents thèmes. Enfin se dévoile un nouveau thème, sous forme de marche. D’abord aux bassons, il sera repris par les cors puis par les cordes. Dans la coda, le rythme passe à Presto, reprenant le premier thème du finale.

 

Sources

TRANCHEFORT, François-Marie, Guide de la musique symphonique, Editions Fayard, 1986.

 

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