Beethoven : Symphonie n°9


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La Symphonie n°9 « avec un choeur final sur l’Ode à la joie de Schiller », en ré mineur (op.125), hymne de l’Union européenne, est le point d’orgue des symphonies de Beethoven, celle dont Wagner dira qu’elle devait être « la dernière des symphonies. Son finale se pare d’une émotion inégalable grâce à l’apport de la voix comme instrument.
On sait que dès 1792, Beethoven envisage de mettre en musique l’Ode à la joie de Schiller et que son projet d’écrire une symphonie avec choeurs est une volonté de longue date : il a ainsi songé à conclure sa Pastorale par un choeur religieux. Son ultime symphonie verra le jour dix années après la Huitième. Créée le 7 mai 1824 à Vienne sous la direction de Beethoven, elle est un immense succès, bien que ses dimensions gigantesques étonneront plus d’un critique. La dédicace est à « Sa Majesté le roi de Prusse Frédéric Guillaume III ».
La Neuvième réussit à conserver les quatre mouvements traditionnels de la symphonie tout en étant d’une structure très complexe que ce soit dans sa globalité ou dans ses détails, mêlant à la fois l’unité et une beauté éparse de thèmes aux proportions inhabituelles. Notons tout de même que le Scherzo et le mouvement lent sont inversés par rapport à l’ordinaire. Beethoven y ajoute de plus une orchestration particulièrement novatrice, conçue en fonction des timbre, en joignant à un orchestre imposant une « musique turque » faite de triangle, cymbale et tambour. Il ajoute également la voix à cet orchestre dans cet orchestre, comme nouvel instrument, qui sera l’instrument phare du finale, tout comme le seront les timbales dans le Scherzo et les cors dans l’Adagio.

Enregistrements

Itunes et Amazon, distributeurs partenaires, vous permettent l’écoute de 30 secondes de chaque morceau afin de faire au mieux votre choix.

 

Vraiment, Krips a su orchestrer un enregistrement splendide, qui réussit autant son lyrisme dans la fougue que la sérénité. Les chœurs y sont éblouissants de clarté et d’émotion. Disponible uniquement en MP3 chez Amazon.

Lien Itunes : Ludwig van Beethoven, Symphonie n°9, Josef Krips avec le London Symphony Orchestra

Lien Amazon : Ludwig van Beethoven, Symphonie n°9, Josef Krips avec le London Symphony Orchestra

Masur nous livre une autre version de qualité, sachant être à la fois plus fougeuse et prenante, comme dans le premier mouvement, et en même temps plus délicate et subtile. Si la musique est même plus réussie que chez Krips, ses chœurs solennels et lumineux ne peuvent toutefois prétendre au même niveau.

Lien Itunes : Ludwig van Beethoven, Symphonie n°9, Kurt Masur avec le Gewandhausorchester de Leipzig

Lien Amazon : Ludwig van Beethoven, Symphonie n°9, Kurt Masur avec le Gewandhausorchester de Leipzig

Je vous avoue qu’après réflexion et avoir trouvé quelques autres vidéos sur Youtube, j’ai eu un coup de coeur pour la version par l’exceptionnel Furtwängler avec l’Orchestre du Festival de Bayreuth. Même si le son est encore en mono, le résultat est indescriptible. Tout y est, l’amour, la joie, la peur, dirigé avec une tension qui éreinterait les plus endurcis. On se laisse happer par cette interprétaiton qui ne ressemble à aucune autre !

Basé sur l’écoute de 91 enregistrements.

Bonus

Je ne peux que vous recommander la performance suivante, qui est l’oeuvre de 10 000 japonais, chantant en choeur le dernier mouvement de l’Hymne à la joie. Quelle puissance quand la masse se met à entonner le refrain de la 9e. On est véritablement pris entre l’allégresse et la terreur qu’inspire la foule immense.

Allez également faire un tour du côté des talents de M. Atkinson, alias Mr Bean, qui a une interprétation toute personnelle de la 9e. C’est désopilant !

Le texte qui suit fait apparaître le texte qui sert l’Ode à la Joie, ainsi qu’une traduction en français.

 

O Freunde, nicht diese Töne!
Sondern laßt uns angenehmere anstimmen
und freudenvollere.

Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium,
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligtum!
Deine Zauber binden wieder
Was die Mode streng geteilt;
Alle Menschen werden Brüder,3
Wo dein sanfter Flügel weilt.

Wem der große Wurf gelungen,
Eines Freundes Freund zu sein;
Wer ein holdes Weib errungen,
Mische seinen Jubel ein!
Ja, wer auch nur eine Seele
Sein nennt auf dem Erdenrund!
Und wer’s nie gekonnt, der stehle
Weinend sich aus diesem Bund!

Freude trinken alle Wesen
An den Brüsten der Natur;
Alle Guten, alle Bösen
Folgen ihrer Rosenspur.
Küsse gab sie uns und Reben,
Einen Freund, geprüft im Tod;
Wollust ward dem Wurm gegeben,
und der Cherub steht vor Gott.

Froh, wie seine Sonnen fliegen
Durch des Himmels prächt’gen Plan,
Laufet, Brüder, eure Bahn,
Freudig, wie ein Held zum Siegen.
Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!
Brüder, über’m Sternenzelt
Muß ein lieber Vater wohnen.
Ihr stürzt nieder, Millionen?
Ahnest du den Schöpfer, Welt?
Such’ ihn über’m Sternenzelt!
Über Sternen muß er wohnen.

 

Ô amis, pas de ces accents !
Laissez-nous en entonner de plus agréables,
Et de plus joyeux !

Joie, belle étincelle divine,
Fille de l’assemblée des dieux,
Nous pénétrons, ivres de feu,
Ton sanctuaire céleste!
Tes charmes assemblent
Ce que, sévèrement, les coutumes divisent;
Tous les humains deviennent frères,
lorsque se déploie ton aile douce.

Celui qui, d’un coup de maître,
a réussi
D’un ami d’être l’ami ;
Qui a fait sienne une femme accorte,
Qu’il mêle son allégresse à la nôtre!
Oui, et même celui qui ne peut appeler sienne
Qu’une seule âme sur la Terre!
Mais celui qui jamais ne l’a su,
Qu’en larmes il se retire, de cette union !

Tous les êtres boivent la joie
Aux seins de la nature ;
Tous les bons, tous les méchants,
Suivent sa trace parsemée de roses.
Elle nous a donné des baisers et la vigne ;
Un ami, éprouvé par la mort ;
La volupté fut donnée au vermisseau,
Et le Chérubin se tient devant Dieu.

Joyeux, comme ses soleils volant
À travers le somptueux dessein du ciel,
Hâtez-vous, frères, sur votre route,
Joyeux comme un héros vers la victoire.

Soyez enlacés, millions.
Ce baiser au monde entier !
Frères ! Au-dessus de la voûte étoilée
Doit habiter un père bien-aimé.
Vous vous effondrez, millions ?
Monde, as-tu pressenti le Créateur ?
Cherche-le par-delà le firmament !
C’est au-dessus des étoiles qu’il doit habiter.

 

Sources

Poème original de l’oeuvre

TRANCHEFORT, François-Marie, Guide de la musique symphonique, Editions Fayard, 1987.

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