Chopin


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Frédéric François Chopin (1810-1849) est un éminent compositeur et pianiste du XIXe siècle, polonais de naissance et d’origine française. Il passera la majeure partie de sa vie à Paris, fuyant tour-à-tour toutes les insurrections de son époque. Artiste d’une santé fragile, il jouera dans les salons  de la haute société et y cotoyera les plus grands musiciens de son temps. Chopin donnera ses lettres de noblesse au piano et sera le premier compositeur à s’y consacrer (quasi) exclusivement, en s’inspirant du bel canto italien, de Bach, Mozart et Paganini.

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Par quoi commencer ?

Chopin brille surtout pour ses Nocturnes. Il aura également composé d’autres recueils, comme ses Etudes, Valses ou Polonaises, qui constituent parmi ses oeuvres les plus célèbres.

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Biographie

L’enfant prodige

Chopin naît à Zelazowa Wola, près de Varsovie en 1810. Il est le cadet des quatre enfants de Nicolas Chopin, professeur émigré de Marainville dans les Vosges et de Justyna Krzyzanowska. L’enfant rélève très vite ses talents et a ses premières leçons à l’âge de six ans auprès de son unique maître Adalberg Zwyny, qui lui apprendra Bach et Mozart. Il compose ses premières pièces à l’âge de sept ans, une Polonaise et une Marche militaire ! Aussi, Chopin donne son premier concert à huit ans qui lui vaut déjà l’admiration du public. Il ira même jusqu’à jouer devant la tzarine mère et le grand-duc Constantin. Chopin étudie par la suite l’harmonie et le contrepoint avec Josef Elsner aux années où il accède au lycée. Après son baccalauréat, il entre au conservatoire créé par son professeur et continue son apprentissage. Cette année est marquée par un coup du sort, celui de la mort de sa jeune sœur Emilie.

Œuvres de cette époque

  • Des Polonaises, dont celle en « si » bémol mineur, et celle en « ré » mineur op.71 n°1
  • Variations sur un air allemand,
  • Rondo op. 1,
  • Variations pour flûte et piano sur un thème de Rossini,
  • Variations op. 2 sur « Don Juan »,
  • Rondo à la mazurka en « la » majeur op. 5,
  • Nocturne en « mi » mineur op. 72 no 1 (posthume).

Les premiers voyages

En 1828, un voyage à Berlin confirme son envie de se faire connaître à l’étranger et de se perfectionner. Il dira « Que m’importent les louanges locales ! ». Chopin donne ensuite deux concerts à Vienne en 1829, qu’on appelle alors des académies musicales. Lors de ses rencontres avec l’aristocratie, il fait connaissance avec le célèbre pianiste Czerny. Mais ses voyages ne lui rapportent rien, et il rentre à Varsovie.

Œuvres de l’époque

De l’insurrection à la Ville-Lumière

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Chopin à 28 ans, peint par Eugène Delacroix

Varsovie est au bord du soulèvement. Chopin donnera un dernier concert le 11 octobre 1830 et quitte la Pologne le 2 novembre. « J’ai l’impression que je pars pour mourir ». Il retourne alors à Vienne et une semaine plus tard, les barricades se lèvent à Varsovie. Il souhaite les mêmes rébellions à la capitale impériale mais les Viennois n’en font rien. « Ils n’impriment que du Strauss. » (le compositeur). Chopin part pour Munich où il donne un concert qui est très bien reçu. A Stuttgart, il apprend la capitulation de Varsovie ; son Journal de Stuttgart nous rapporte ces instants désespérés.

Chopin arrive à Paris à l’automne 1831, muni d’un passeport pour Londres, avec une mention « passant par Paris ». Il est conquis par cette ville, « Le plus beau des mondes ». De plus, Paris est bien à ce moment la capitale de la musique : il rencontre notamment Rossini, Liszt, Hiller, Berlioz, Mendelssohn et Cherubini. Il entre également en relation avec Camille Pleyel, qui fournira Chopin en instruments jusqu’à la fin. Il donne chez le facteur de piano son premier concert dans la capitale, mais ses finances sont difficiles et il dépend encore des aides de son père. Une rencontre en amène une autre, et voilà que Chopin se retrouve à jouer chez le baron James de Rothschild. Le public est sous le charme, sa réputation s’envole. Il pourra désormais vivre de ses leçons, et vit avec grand faste. Il faut savoir que Chopin déteste se produire en concert : il en donnera dix-neuf sur ses dix-huit années à Paris. Encore en Pologne, il écrivait déjà à un ami « Tu ne saurais croire quel martyre c’est pour moi, durant trois jours, avant de jouer en public ». Ses œuvres se diffusent rapidement, par ses admiratrices en grand nombre, et par ses pairs.

Œuvres de l’époque

Maria Wodzinka

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Chopin par Maria Wodzinska

Chopin voyage aussi de temps à autre, en 1834 il descend le Rhin avec Mendelssohn, et est par la suite convié par la comtesse Wodzinka à Genève, puis retourne à Paris, y donne quelques concerts. Il rencontre Bellini, qui décède quelque mois plus tard, et revoit ses parents à Karlsbad. Ce sera leur dernière entrevue.

Il revoit la famille de la comtesse Wodzinka et tombe éperdument amoureux de sa fille Maria. Il repart vers Leipzig, puis à Paris. Chopin est en dépression, et on raconte qu’il crache du sang. En Pologne, la presse le croit mort !

En 1836, il retourne auprès des Wodzincki à Marienbad et demande la main de Maria ; la comtesse souhaite que les fiançailles restent discrètes. La famille de la promise rentre en Pologne tandis que Chopin regagne Paris. A la fin de cette année, il rencontre Georges Sand chez Liszt et sa compagne, Marie d’Agoult. La première impression n’est pas charmante « Qu’elle est antipathique, cette Sand ! ». Il se reverront toutefois à une soirée chez Chopin. Le fiancé attend toujours un signe de sa Maria, qui reste muette. Cet été, il part à Londres en compagnie de Camille Pleyel.

Œuvres de l’époque

Les jours heureux

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Sand, par Delacroix

A son retour, il retrouve ses élèves ainsi que ses cahiers de compositions, qui s’emplissent de Préludes. Début 1838, Chopin joue devant Louis-Philippe et se produira en public pour les Polonais. La critique est en liesse, et merveille, Paganini lui rend visite, le virtuose que Chopin tient tant en admiration.

George Sand le rencontre à nouveau au cours de l’été et c’est là le début d’une relation qui va durer neuf ans et où Sand jouera un role très maternel de soignante. Ils partent pour Majorque, délaissant les froideurs de l’hiver, mais Chopin ne s’en porte pas mieux. Il tousse, et se croit poursuivi par des fantômes. Il achèvera tout de même ses Préludes avant de partir en février 1839, car Chopin s’acclimate mal ici. Ils arrivent à Nohant en mai, après deux haltes à Marseille et Gênes. Chopin se sentira entouré et en famille, auprès de Sand et ses enfants et c’est là qu’il composera les huit prochains étés.

Il revient à Paris et l’année suivante, il déménage rejoindre son brin de famille rue Pigalle et joue devant le roi à Saint-Cloud. En 1842, il rencontre Eugène Delacroix à Nohant. Ce sera le début d’une longue amitié et le peintre dira de lui « c’est l’artiste le plus vrai que j’aie rencontré ».

En 1844, son père décède à Varsovie, Chopin est bouleversé.

Œuvres de l’époque

  • Second cahier des Études op. 25
  • Deux Ballades, deux Polonaises, son troisième et quatrième Scherzo,
  • Mazurkas op. 41 et op.56
  • Nocturnes op.37, et op.55
  • Révision des œuvres complètes de Bach,
  • Sonate en « si » bémol mineur, en « si » mineur op.58
  • Berceuse op. 57.

Les dernières années

Au crépuscule de sa vie, Chopin innove musicalement et préfigure déjà Debussy. Sa vie continue à se dérouler entre Paris et Nohant, et écrit peu pour le piano, et revient vers la musique de chambre. Son inspiration créatrice diminue, alors que son unité familiale se déchire : à l’été 1847, Chopin n’est pas invité à Nohant. Il donne son dernier concert à Paris en février 1848, et l’insurrection dans la capitale l’empêche d’en jouer un second. Il part alors pour l’Angleterre et l’Ecosse, qui ruinent sa santé. Il rentre à la fin de l’année à Paris, plus précisément à Chaillot, pour éviter le choléra. Chopin déménage une dernière fois place Vendôme en septembre 1848 avant de décéder de la tuberculose le 17 octobre 1849 à l’âge de 39 ans.

Œuvres de l’époque

Le musicien

Génie du piano

Enfant prodige, comme Mozart qu’il adore, Chopin donne son premier concert à huit ans et devient vite le jeune adoré de l’aristocratie varsovienne. Lorsqu’il quitte sa terre natale, il a déjà composé deux concertos et réinventera le piano, avec toutes ses nuances et son timbre. Il livre ainsi une musique sans précédent dans des formes novatrices ou réinventées.

Influences

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Mozart, une des grandes influences de Chopin

On pourra constater la marque du bel canto sur les œuvres de Chopin, qui reflètent souvent un style vocal (il conseillait même à ses élèves de prendre des cours de chant). Il s’inspire également de l’opéra, auquel il porte une grande passion. Et à origine polonaise, influence polonaise : on retrouve parfois le folklore de la patrie de sa jeunesse, même s’il se retrouve transformé dans ses compositions.

Chopin était aussi un grand admirateur de Bach, Mozart et Paganini.

La vocation du piano

Chopin est le premier compositeur à se donner uniquement au piano, sauf quelques pièces comme ses concertos pour piano ou sa musique de chambre. D’ailleurs, ses œuvres ne s’enferment pas dans une structure élaborée (Valses, Préludes), elles ne donneront qu’un cadre propice à libérer son inspiration. Chopin tranche aussi avec son époque par son jeu donnant plus volontiers dans la finesse que la force, d’une technicité virtuose à la fois intelligent et sensible.

Mais à la différence d’un Liszt, Chopin ne se produisait que rarement en concert : ces derniers l’effrayait. C’est pour cela que Chopin porte encore la marque d’un musicien de salon, ne jouant que devant un cercle fermé.

On le sait moins, mais le compositeur qui était aussi pédagogue, souhaitait une « méthode des méthodes » indiquant par exemple l’emploi du rubato et du jeu de chaque main. Et même de chaque doigt, qui devaient avoir chacun leur partie. Il a voulu recueillir ses volontés dans un texte qu’on peut trouver sous le nom d’Esquisse pour une méthode de piano. Ses préceptes étaient aussi simples qu’ainsi : « Que votre main gauche soit votre maître de chapelle et garde toujours la mesure ».

La poésie de l’être

Chopin se sentait à l’aise dans les « petites formes » qui permettent une grande liberté à son inspiration. C’est bien cette inspiration transcendante, à travers la fluidité de son jeu, sa liberté qui aura frappé ses pairs. Cette même inspiration, il la puisera dans ses origines et dans le siècle Dix-Huit, car Chopin est « un esprit classique dans une âme romantique ». Ses œuvres font union entre le talent virtuose et l’inspiration qui permettent selon lui de réconcilier « les savants et les sensibles », entre sérénité et raffinement d’un côté, et déchaînement de violence et d’angoisse de l’autre.

Ce sont ces mêmes qualités de subtilité et de luminosité qui préfigurent dans son jeu l’impressionnisme et place Chopin comme le présage de Debussy.

L’affection des pianistes

Chopin continue de susciter l’engouement des pianistes. La preuve en est qu’il est l’un des compositeurs les plus joués en concert et l’un des plus enregistrés. Il constitue une sorte de test pour les jeunes pianistes, et un essentiel du répertoire des plus éminents virtuoses. On peut remarquer aussi cet attrait sur les jeunes virtuoses à travers le concours Chopin qui est l’occasion pour les meilleurs pianistes de moins de 32 ans de se révéler. Parmi ses grands lauréats figurent les célèbres :

  • Adam Harasiewicz
  • Maurizio Pollini
  • Martha Argerich
  • Krystian Zimerman
  • Vladimir Ashkenazy

Sources

VIGNAL, Marc, Dictionnaire de la musique, Editions Larousse, 2005.

TRANCHEFORT, François-Marie, Guide de la musique symphonique, Editions Fayard, 1986.

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