Donizetti


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Par quoi commencer ?

Si vous débutez avec Donizetti, vous pouvez d’abord vous pencher sur son excellent Elisir d’amore, ainsi que sur Lucia di Lamermoor ou La Fille du régiment.

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Biographie

Il naît dans une famille pauvre de Bergame le 29 novembre 1797, sans musicien dans la famille. Il commence son apprentissage à l’âge de neuf ans dans l’école du compositeur Mayr, qui reconnaît ses talents et l’envoie étudier à Bologne chez le père Mattei, professeur de Rossini. Il entre dans l’armée quelques temps afin d’envoyer de l’argent à sa famille, mais son talent de compositeur lui permet bien vite de s’en dégager. Enrico di Borgogna (1818) le fait connaître, mais le premier vrai succès vient avec Zoraide di Granata (1822). Il crée ses œuvres à travers l’Italie, qui lui valent d’autres succès, comme L’Ajo nell’imbarazzo (1824) et recontre sa femme, Virginia, à Rome en 1828. Elle mourra neuf ans plus tard. Le compositeur continue de soutenir un rythme de « galérien », comme le dira Verdi par la suite, avec entre deux et quatre opéras par an, et recourt à la technique rossinienne du recyclage qui consiste à reprendre les meilleures pages de ses échecs dans ses nouvelles créations. Il reste à cette époque encore dans l’ombre de Rossini et de Bellini. La consécration vient avec Anna Bolena en 1830, puis avec l’Elisir d’Amore en 1832.

Ce sera ensuite l’époque de Tasso et de Lucrezia Borgia en 1833, puis de Marie Stuart en 1834-1835 ; la disparition prématurée (hélas !) de Bellini lui hôte toute concurrence, et Rossini vient de terminer sa carrière. En 1835, son nouvel opéra, Lucia di Lammermoor, est un triomphe et Donizetti se met à rêver d’une carrière parisienne, où il part, recommandé par Rossini en 1838. Il y monte notamment La Fille du régiment en 1840 et est ensuite nommé compositeur impérial à Vienne. Il reviendra en France, pour y donner Dom Sébastien et Don Pasquale (1843).

Donizetti aurait pu continuer une grande carrière de compositeur, devenir l’égal de Verdi si le sort ne l’avait pas frappé ici. Il perd à cette époque ses parents, sa femme et ses trois enfants. Le chagrin, une vie de labeur et la syphilis l’emmènent vers de graves troubles mentaux, qui ira jusqu’à la paralysie nerveuse. En 1846, il est interné dans un sanatorium à Ivry où il passe dix-sept mois, muet et presque paralysé. Il retourne à Bergame et y décède après quelque mois de souffrance.

L’oeuvre immense de Donizetti rassemble des pages de génies qui côtoient des œuvres sans talent dues certainement aux contraintes d’écriture qui pesaient sur lui. Il ne parvint pas à s’en libérer, chance qu’eurent Rossini et Verdi.

Il permit à l’opéra romantique d’enrichir son langage expressif, le faisant aller vers plus de lyrisme, avec un brin de mélancolie et une force du sentiment que reprendra Verdi. Donizetti reverra également les structures transmises par Rossini, pour accentuer le sentiment dramatique.

Au total, Donizetti aura composé plus de soixante-dix opéras, de la musique sacrée et instrumentale, qui pour la plupart chute dans l’ombre de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1950, où des interprètes comme Maria Callas lui rendirent toute gloire, lors d’une période qui redécouvre un romantisme musical exempt de toute empreinte germanique.

Sources

VIGNAL, Marc, Dictionnaire de la musique, Editions Larousse, 2005.