Liszt


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Franz Liszt est un compositeur d’origine hongroise du XIXe siècle essentiellement connu pour sa virtuosité au piano et pour ses compositions sur cet instrument comme les Rhapsodies hongroises ou son Liebestraum, renommées pour leur beauté comme pour leur difficulté. On en dit souvent qu’il est au piano ce que Paganini est au violon, un virtuose à la technique incomparable et ayant toujours le souci de l’émotion. Liszt fit aussi grandement évoluer les principes de la composition à travers le chromatisme et l’utilisation de modes anciens – ou folkloriques – dans ses oeuvres.

 

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Par quoi commencer ?

Liszt fut un grand compositeur au piano, principalement avec ses Rhapsodies hongroises (surtout la 2e), son Liebestraum et ses Années de pélerinage ; on pensera aux Jeux d’eaux à la Villa d’Este contenues dans ses Années de Pélerinage en Italie. En matière de musique symphonique, tournez-vous du côté des Faust-Symphonie et Dante-Symphonie.

 

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Biographie

Franz (ou Ferenc) Liszt naît à Raiding en Autriche en 1811 d’un père hongrois (la frontière est toute proche) et d’une mère autrichienne. Son ascendance est vraisemblablement allemand, où Liszt viendrait du nom allemand List. Il est de plus germanophone et ne parle pas hongrois.

Paris et les premières compositions

Liszt lithographie 1838

Liszt à 27 ans

Il découvre jeune les oeuvres des Pères du classique, et part à l’âge de 10 ans pour Vienne où il étudie auprès de Salieri et de Czerny. En 1823, il sera à Paris où il reste jusqu’en 1835. On sait qu’il y compose son premier opéra Don Sanche ou le Château d’Amour en 1825 et fait plusieurs tournées outre-Manche. Son père meurt subitement en 1827 et déjà, Liszt émet le voeu d’entrer dans les ordres, ce qu’il fera à la fin de sa vie.
Sa renommée lui fait découvrir la haute société musicale parisienne, où il fait la connaissance de Berlioz en 1830 et de Paganini en 1831. La rencontre avec ce dernier transformera le style de Liszt, car il tient à faire au piano ce que Paganini fait au violon. En 1834, il rencontre la comtesse Marie d’Agoult (aussi connue sous le pseudonyme de Daniel Stern) qui lui donnera trois enfants :

  • Blandine (1835-1862),
  • Cosima (1837-1930), qui épousera Hans von Bülow, un célèbre chef d’orchestre de l’époque, puis Richard Wagner,
  • Daniel (1839-1859).

Toutefois, sa liaison qui n’est pas consacrée lui attire l’opprobre de l’élite parisienne. Il quitte Paris et débute sa carrière de pianiste virtuose, titre sous lequel on le reconnaît aujourd’hui encore.

Le départ en Europe, puis Weimar

Liszt vieil homme au piano

L’abbé Liszt au piano

Liszt s’arrête donc dans toutes les plus grandes villes d’Europe pour faire part de son incroyable talent de pianiste. C’est aussi l’époque qui voit naître la majorité des Rhapsodies hongroises et des Études d’après Paganini. En 1842, il s’arrête à Weimar où le grand-duc le nomme Kapellmeister extraordinaire, et compose entre autres la Faust symphonie (1854-1857), la Dante symphonie (1855-56). Puis en 1847, il quitte la comtesse d’Agoult et s’engage avec la princesse de Sayn- Wittgenstein qui lui conseille de s’occuper uniquement de composition, avis qu’il suit. En 1850, il monte le Lohengrin de Wagner, homme que Liszt soutient depuis ses débuts et qui est déjà lié avec Cosima.
Il démissionne de son poste en 1858, et finit par quitter Weimar en 1861. Après un détour par Paris, Liszt arrive à Rome où il essaie de d’épouser la princesse de Sayn- Wittgenstein, en vain car l’Eglise ne reconnaît qu’un seul mariage, son premier avec la comtesse d’Agoult. Il choisit en 1865 de choisir les ordres mineurs, après avoir hésité à franchir le pas des années durant. Il découvre plus en profondeur le répertoire vocal de la Renaissance, amenant son style plus proche encore des oeuvres religieuses, comme les variations sur le thème de Bach, Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen en 1862 ou la Messe du couronnement en 1867.

Le retour sur les routes

A partir de 1869, Liszt passe son temps entre Rome, Weimar et Budapest, qualifiant lui-même sa vie de « trifurquée ». Il médite à Rome, occupe les fonctions de chef d’orchestre ainsi que de compositeur à Weimar et tente de devenir le compositeur nationale hongrois à Budapest, ce qu’il ne sera jamais (Liszt ne parle même pas hongrois). Parmi ses dernières oeuvres, on compte par exemple les Jeux d’eau à la villa d’Este , la 3e Année de pèlerinage ou encore la Bagatelle sans tonalité.
Il s’éteint à Bayreuth dans les bras de sa fille Cosima le 31 juillet 1886, après avoir assisté à Parsifal et Tristan quelques jours plus tôt.

Le musicien

Liszt était un grand promoteur de la musique « en train de se faire » et promut notamment Schumann, Chopin, Berlioz ou Wagner. Dans le même temps, il composa une musique novatrice, sensée refléter sa propre conception de l’art, esquivant la tonalité et cherchant dans des modes anciens et traditionnels les moyens de créer des nouveaux procédés de composition.

Conception de l’art

Chez Liszt, l’oeuvre doit signifier les émotions du compositeur : son souci de les partager fait qu’il est le plus grand créateur de transcriptions – au piano, forcément – d’autres oeuvres, comme par exemple des symphonies de Beethoven, des Lieder de Schubert ou encore des fragments d’opéras de Wagner. Il pensait également que le piano est bien assez riche pour se substituer à l’orchestre symphonique et que la musique se suffit à elle-même sans besoin apparent de texte, d’où les Lieder.
Il écrivait une musique virtuose, avec une grande part consacrée à l’ornemental, mais écrite selon lui afin de faire entrer l’auditeur dans une dimension spirituelle, afin de lui signifier le lien marqué « entre l’art et la vie ».

Le virtuose face au compositeur

Liszt en concert

Liszt, très apprécié de ces dames

Liszt était grandement admiratif de la technique virtuose de Paganini au violon et voulut adapter cette forme de jeu au piano, cherchant à explorer de nouvelles possibilités d’expression sur son instrument phare, puisant également dans sa grande expérience de l’improvisation au piano.
Il était bien sûr aidé par un détail anatomique plutôt utile : ses mains gigantesques lui permettaient d’atteindre la douzième ! Mais toutefois, sa technique pianistique est plutôt « naturelle » et abordable pour ses pairs. Son jeu de pianiste est quant à lui son moyen vers le sentiment : à la fois emporté et éclatant, il servait à exprimer les émotions qu’il avait lui-même ressenti avant de le livrer avec force au public.

Plus tard, lorsqu’il cherche à délaisser son costume de virtuose déchirant pour endosser celui de compositeur, il peinera à se faire reconnaître comme tel. Même s’il recherche de nouveaux concepts, comme le rapprochement de la musique et de la poésie, bien qu’il ait peu ou prou écrit de musique avec texte, ou alors pour des choeurs et non pas pour soliste : l’échec de son opéra de jeunesse l’a bien éloigné du monde scénique et lyrique.

Apports

Le dépassement de la tonalité

Il va chercher, avec Wagner, de nouveaux principes capables d’assurer la cohérence interne de l’oeuvre. Dès lors il ouvre la voie à de nouveaux moyens d’expressions, que suivront par exemple Debussy et Schönberg, loin de la tonalité. Ces éléments, Liszt ira les chercher dans la musique traditionnelle hongroise (rhapsodies et csardas) où se situe ses origines, on l’appellerait plutôt tsigane aujourd’hui, et aussi à travers la musique religieuse du Moyen-Âge (comme le chant grégorien) qui ne se décompose pas entre majeur et mineur, et ne comporte pas de pulsation régulière, à la base de la tonalité.
De plus, il organisera son esquive de la tonalité à travers également :

  • la gamme par tons entiers,
  • la modalité,
  • la polyharmonie.

Le poème symphonique

Il souhaita rendre possible et visible l’écriture pour grand orchestre qui relaterait une impression poétique. C’est ce qu’il fit à travers ses treize poèmes symphoniques ainsi qu’avec ses Années de pèlerinage, composés à partir de des impressions que lui donnèrent des oeuvres d’art ou des paysages naturels, où la musique doit expliquer l’émotion ressentie. C’est dans la littérature qu’il trouva comment organiser la composition de ses oeuvres, loin de tout carcan formel hérité de la tonalité.

Sources

VIGNAL, Marc, Dictionnaire de la musique, Editions Larousse, 2005.

 

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