Rossini


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Gioachino Rossini est un compositeur italien célèbre dans le monde entier pour avoir écrit le Barbier de Séville (en trois semaines !), l’Italienne à Alger, La Cenerentola ou encore La Pie Voleuse. Né l’année où disparaît Mozart, il contribua à l’éveil du romantisme dans l’opéra, et fit grandement avancer ce dernier. Grand musicien, mais aussi fin gourmet, c’est en son honneur que naîtra le tournedos Rossini, mélange de filet de boeuf sur du pain, orné d’une escalope de foie gras et de lamelles de truffe. 

 

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Par quoi commencer ?

Les oeuvres de Rossini sont plutôt accessibles, en raison de leur caractère joyeux et énergique. Commencez par le Barbier de Séville, l’Italienne à Alger, La Cenerentola et La Pie Voleuse. En ce qui concerne sa musique sacrée, allez voir du côté de son Stabat Mater et de sa Petite Messe solennelle.

 

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Biographie

L’enfance

Rossini naît le 29 février (!) 1792 à Pesaro, de parents musiciens. Son père joue du cor et enseigne la musique à l’Académie philharmonique de Bologne et sa mère fit une courte carrière de soprano. Il ne reçoit pas de formation musicale, ce qui ne l’empêche pas de savoir jouer du violon et composer à douze ans. C’est à cet âge qu’il compose ses célèbres Sonates pour violon, preuves de sa maturité précoce. Il entre deux ans plus tard à l’Académie philharmonique, et ses lectures des partitions de Haydn et Mozart lui apporteront bien plus de savoir sur la théorie et le contrepoint que ses professeurs. Il gagne sa vie comme chanteur, répétiteur de théâtre et accompagnateur, et se fait remarquer par l’entrepreneur et ténor Domenico Bombelli. Il lui confie la rédaction de « quelques numéros » pour un de ses opéras à venir, en réalité la majeure partie de l’oeuvre du nom de Demetrio et Polibio.

Les débuts stupéfiants

Rossini 1820

Rossini en 1820

En 1810, le jeune Rossini se voit commander un nouvel opéra comique par le théâtre San Moisè de Venise. La Cambiale di matrimonio a la faveur du public et on le sollicite pour de nouvelles compositions à Venise, mais aussi Bologne, Ferrare et Milan. En 1813, Rossini est acclamé pour ses succès : Tancrède et L‘Italienne à Alger lui apportent la gloire et les honneurs à vingt-et-un ans.

Quelques oeuvres de l’époque

  • La Cambiale di matrimonio, 1810
  • La Pietra del paragone, 1812
  • Ciro in Babilonia, 1812
  • Il Signor Bruschino, 1813
  • Tancrede, 1813
  • L’Italiana in Algeri, 1813
  • Aureliano in Palmira, 1813
  • Il Turco in Italia, 1814
  • Sigismondo, 1814

La période napolitaine

De 1815 à 1822, Rossini s’acharne au travail, comme compositeur, impresario et chef d’orchestre. C’est aussi une grande période créative, où il se stabilise à deux ou trois opéras par an, et dispose en outre de conditions particulièrement favorables à Naples. En effet, il y est doté d’un excellent orchestre, d’un très bon parterre de chanteurs et d’un public ouvert à la nouveauté. Il y compose les formes de l’opéra pour les cinquante prochaines années, et signe le premier opéra romantique, La Donna del lago en 1819. Parralèllement à ses engagement à Naples, il crée plusieurs œuvres pour d’autres théâtres, dont certaines sont les plus grandes gloires du compositeur : Le Barbier de Séville en 1816, La Cenerentola et La gazza ladra en 1817, Semiramide en 1823.

Quelques oeuvres de l’époque

  • Elisabetta, 1815
  • Le Barbier de Séville, 1816
  • Otello, 1816
  • Cendrillon, 1817
  • La Pie Voleuse, 1817
  • Armida, 1817
  • Mose, 1818
  • Ricciardo e Zoraide, 1818
  • Ermione, 1819
  • La Donna del lago, 1919
  • Maometto II, 1820
  • Zelmira, 1822
  • Semiramide, 1823

Paris

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Tournedos Rossini (pain, filet de boeuf, foie gras, truffe)

Exaspéré par la critique de ses pairs, Rossini quitte l’Italie et séjourne d’abord quelques mois à Vienne en 1822 où le public l’acclame. Cette année verra aussi son mariage avec Isabel Colbran, cantatrice napolitaine rencontrée. Après un retour à Venise pour donner Semiramide, il part pour Londres et se fixe à Paris en août 1824. Il y trouve un poste d’inspecteur du chant, puis de codirecteur du Théâtre Italien et se voit livrer une commande d’une œuvre par an à l’Opéra.

Il remanie des opéras napolitains pour les adapter au style parisien. Maometto Secondo et Mose deviennent le Siège de Corinthe (1826) et Moïse (1827). Vient ensuite le Comte Ory (1828), puis son dernier opéra, Guillaume Tell (1829) qui est remarquablement novateur et ambitieux. Ce dernier viendra clore sa carrière effrénée de compositeur d’opéra qui s’achève pour de très nombreuses raisons.

Quelques oeuvres de l’époque

  • Le Siège de Corinthe, 1826
  • Moïse, 1827
  • Le Comte Ory, 1828
  • Guillaume Tell, 1829

La retraite

En 1830, la révolution met un terme au contrat de Rossini. De plus, de graves crises nerveuses et une santé chancelante suite à son travail acharné le décide à se retirer alors que triomphent une nouvelle génération, celle de Meyerbeer, Bellini et Donizetti. Il se sépare de sa femme pour Olympe Pelissier, qu’il épouse en 1845. La retraite de Rossini est surtout faite de mondanités (il ne compose presque plus), et donne également des soirées musicales qui rassemblent les chanteurs et compositeurs de la nouvelle garde qui formeront « l’après Wagner », parmi lesquels figure le jeune Camille Saint-Saëns. En 1836, il retourne à Bologne et s’établit à Florence en 1848 avant de revenir à Paris en 1855 jusqu’à la fin. Il décède le 13 décembre 1868, est enterré à Paris avant de voir son cercueil transporté à Florence, aux côtés de Raphaël et Michel-Ange. Wagner dira de lui que « Rossini était le seul musicien d’envergure qu’il ait rencontré à Paris ».

Quelques oeuvres de l’époque

Le musicien

Portée

Rossini figure parmi les quelques artistes avec Beethoven, Schubert et Weber qui permettront après la mort de Mozart la naissance du romantisme musical. Là où les autres créént l’avenir de la symphonie, la sonate et le lied, Rossini fera un précurseur de l’opéra. Son œuvre fut longtemps discréditée, tout comme l’opéra italien de son siècle, travaux considérés comme d’un temps révolu, celui de l’intérêt envers les vocalises au lieu de privilégier l’action dramatique.

Le recycleur

Caricature de Rossini

Caricature de Rossini

L’éblouissante vitesse de composition de Rossini est dû au fait que ses œuvres ne sont pas des créations uniques. Le compositeur employait dans ses nouvelles oeuvres une forme révisée de ses anciens opéras : par exemple, l’ouverture du Barbier de Séville est largement reprise d’Aureliano.

Influences

Si Rossini est italien, il ira chercher ses inspirations hors de son pays natal, avec des compositeurs comme Mozart, Haydn ou Beethoven. Il s’inspire également des pratiques du bel canto, qui évolueront avec lui.

Innovations

Il aura oeuvré à la synthèse des genres de l’opéra, entre le seria, le semiseria et le buffa, insufflant au seria plus de souplesse, pour évoluer plus proche d’un semiseria.

Rossini fit aussi évoluer le lyrisme en banissant le récitatif secco (à l’accompagnement sommaire) vers un chant plus orné soutenu par un orchestre coloré, à la manière allemande ; il est aussi à l’origine d’une avancée dans le bel canto, où les arias ne sont plus improvisés, mais composés. Son intervention dans le chant prend aussi acte du désintérêt pour les castrats et il redistribue les tessitures vocales. Il est aussi le créateur d’une courte école de chant qui mêle le bel canto au style de la déclamation française.

La structure des opéras évolue également en intégrant mieux les récitatifs avec les arias, duos, ensembles et choeurs. Aussi, il réforme la structure de l’ouverture, dictée par la forme sonate : elle intègre davantage un orchestre de type beethovénien, avec de nouveaux instruments comme les cors et clarinettes.

Sources

VIGNAL, Marc, Dictionnaire de la musique, Editions Larousse, 2005.

KAMINSKI, Piotr, Mille et un opéras, Editions Fayard, 2004

 

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