Rossini : Le Barbier de Séville


shadow

Le Barbier de Séville est un opéra comique de Gioachino Rossini d’après un livret de Cesare Sterbini. L’opéra a été écrit en trois semaines par un Rossini qui n’avait pas encore 24 ans. Il fut créé au Teatro Argentina de Rome le 20 février 1816. C’est certainement l’oeuvre la plus appréciée du Pésarais.

Je vous conseille d’en écouter :

  • l’ouverture,
  • l’air « Ecco ridente in cielo » (Comte Almaviva)
  • l’air « Largo al factotum » (Figaro)
  • l’air « Una voce poco fa » (Rosina)
  • l’air « A un dottor de la mia sorte » ou « La calunnia e un venticello » (Bartolo)
  • la fin du premier acte.

 

Enregistrements

Les choix ci-après mettent les acteurs dans l’ordre suivant : Chef d’orchestre, Orchestre, Comte, Figaro, Rosina, Bartolo.  Itunes et Amazon, distributeurs partenaires, vous permettent l’écoute de 30 secondes de chaque morçeau afin de faire au mieux votre choix.

Une ouverture quelque peu rapide et un son un peu désuet (mono), voilà bien la seule chose qu’on puisse reprocher à cet excellente version par Galliera. Tous les chanteurs sont des prodiges du bel canto, Callas en tête, douce, colorée et parfumée comme un bouquet de fleur dans son air « Una voce poco fa »

Gioachino Rossini, Le Barbier de Séville, Alceo Galliera avec le Philarmonia Orchestra, Luigi Alva, Titto Gobbi, Maria Callas, Fritz Ollendorff

Chez Levine, la soprano brille à peine moins que Callas, dans une performance légère, chaleureuse et chatoyante. L’enregistrement se démarque également par son excellent « Largo al factotum », d’une qualité exceptionnelle ! L’air de Bartolo, un des plus hauts passages comiques est vraiment exécuté d’une manière éblouissante. Néanmoins, la cavatine du comte n’est pas aussi grandiose que la musique qui accompagne le reste de l’opéra.

Gioachino Rossini, Le Barbier de Séville, James Levine avec le London Symphony Orchestra, Nicolai Gedda, Sherrill Milnes, Beverly Sills, Renato Capecchi

La version de Patanè constitue une très bonne alternative à ces deux géants avec une excellente Rosina (Cecilia Bartoli), et un comte admirable. On sentira une légère différence de niveau dans l’air de Bartolo et celui de Figaro.

Gioachino Rossini, Le Barbier de Séville, Guiseppe Patané avec l’Orchestre communal de Bologne, William Matteuzzi, Leo Nucci, Cecilia Bartoli, Enrico Fissore

 

Personnages

  • Personnages principaux BSComte Almaviva, ténor ; prétendant de Rosina
  • Figaro, baryton ; barbier
  • Rosina, mezzo-soprano ; prima donna
  • Bartolo, basse ; docteur
  • Basilio, basse ; professeur de musique
  • Berta, mezzo-soprano ; domestique
  • Fiorillo, basse
  • Ambrogio, basse
  • Officier, basse
  • Notaire, rôle muet

Autour de l’oeuvre

En décembre 1815, Rossini s’engage par contrat à livrer une nouvelle œuvre qui devra paraître pour le carnaval. La partition doit donc être prête pour la mi-janvier. Le librettiste choisi pour l’occasion est aussi pris par le temps et choisit de reprendre un livret existant, celui du Barbier de Séville de Paisiello. Rossini obtient vite l’autorisation de reprendre l’oeuvre. Elle paraîtra à l’époque sous le nom d’Almaviva, ossia l’inutile precauzione (en français, Almaviva, ou l’inutile précaution), le titre actuel ne venant qu’à la mort de Paisiello.

A sa création, l’oeuvre est un désastre et le public hue copieusement l’oeuvre. Pourtant dès la deuxième, l’oeuvre est acclamée et emporte toute l’Italie et bientôt toute l’Europe, pour être encore aujourd’hui acclamée comme l’une des formes les plus accomplies de l’opéra bouffe et chef d’oeuvre du bel canto.

L’oeuvre est assez disparate, car autant le premier acte concentre un florilège d’airs entrés dans l’histoire, autant le Barbier de Séville perd largement en tension à partir du second acte, diminuant jusqu’à la fin. Son écriture en trois semaines y est pour beaucoup, certaines sources allant jusqu’à indiquer neuf jours. Seulement, tout n’y est pas pure création : l’ouverture est par exemple tirée d’Aureliano et d’Elisabetta et plusieurs thèmes sont repris d’Elisabetta et de Sigismondo notamment. Loin de reprendre ses dernières œuvres, il procède du moins à de nombreuses révisions. On peut penser que son rythme effréné de création l’empêchait de travailler au mieux l’ensemble de ses œuvres et qu’il reprenait certains éléments dans des œuvres ultérieures, sous une forme plus aboutie.

La richesse de son chant fait que les cinq principaux interprètes doivent bien maîtriser au plus haut point tous les raffinements du bel canto, comme dans la cavatine du comte ou celle de Figaro (bien connue pour sa bonne humeur et son énergie). L’air de Bartolo est aussi particulièrement difficile et devient l’un des points d’orgue de cet opéra lorsque le chanteur sait être assez virtuose pour l’affronter avec succès.

Argument

Acte I

Premier tableau

Aux premières lueurs du jour, le comte Almaviva vient chanter son amour à la belle Rosine en compagnie de ses musiciens, devant la maison du docteur Bartolo où vit Rosine. Faute de réponse, le noble paie ses musiciens et les invitent à partir. Voici qu’arrive bruyamment Figaro, fier d’être le factotum du tout-Séville (« Largo al factotum ») après quoi le comte le reconnaît. Il quiert l’aide du Barbier quand apparaît Rosina au balcon. Elle laisse tomber au passage un billet, ce que remarque Bartolo. Le comte s’empare du mot avant l’arrivée du comte : la jeune fille implore l’aide d’Almaviva de la libérer du docteur. Ce dernier souhaite l’épouser afin de s’accaparer son héritage.

Bartolo quitte la maison et se dirige vers chez Basilio, le professeur de musique de Rosina. Pendant ce temps, le comte chante à nouveau à la jeune fille sous un faux nom, celui de Lindoro et dit être pauvre et tout à fait épris d’elle. Rosine ne peut répondre. Figaro conseille alors au comte de s’introduire ivre chez Bartolo, déguisé en soldat et de lui réclamer l’hospitalité.

Second tableau

Dans la maison du docteur, Rosine écrit à Lindoro, encore sous le charme des dires de son admirateur. Peu après l’arrivée de Figaro, Bartolo et Basilio font irruption et l’obligent à se cacher. Le professeur annonce une nouvelle importante à Bartolo : le comte Almaviva est en ville, et il sait son amour pour Rosine. Basilio lui conseille de s’en débarrasser par la calomnie. Bartolo préfère l’épouser le soir-même, il n’a pas le temps de laisser agir ce venin et les deux hommes se retirent afin d’écrire un contrat de mariage. Figaro sort de sa cachette et dévoile ces calculs à Rosina. Il lui propose également d’y échapper : un jeune homme de bonne famille serait très amoureux de sa personne, elle pourrait lui écrire un mot. Figaro se retire avec le billet et Bartolo retourne sur scène. Il demande qu’on lui raconte la conversation avec le barbier. La réponse de Rosina ne le convainc guère et il menace de l’écrouer. Soudain, on frappe à la porte. C’est un soldat ivre avec un billet de logement (Almaviva). Le comte avoue discrètement à Rosine qu’il est Lindoro. Mais l’habile docteur répond à la demande par une preuve d’exemption du devoir de logement. Dans ce désordre, Almaviva glisse un mot à Rosine, mais Bartolo le surprend. Par chance, la belle jeune fille réussit à l’échanger avec une liste quelconque.

Le vacarme a réveillé le voisinage et la servant Berta, Basilio et Figaro viennent annoncer que la garde est là. Bartolo veut faire arrêter l’intrus, mais le comte révèle discrètement son identité à la patrouille. L’acte s’achève dans un désordre total.

Acte II

Bartolo s’interroge sur le soldat, qu’il soupçonne de travailler pour le comte Almaviva. Voici qu’un visiteur se présente, c’est un certain Don Alonso, assistant de Don Basilio. Il remplace son maître, malade. Pour prouver sa bonne foi, il donne un billet que lui aurait confié le comte à destination de Rosine. Le docteur appelle la jeune fille et la leçon peut commencer. Tout en chantant, elle flirte avec le comte ; mais Bartolo n’aime pas la musique et change d’air. Voici que Figaro entre en scène, et s’occupe de la barbe du docteur.

Soudain, on frappe : c’est Don Basilio, le soit-disant malade. Almaviva donne une bourse pleine au professeur qui comprend enfin ce qu’il se passe, devient subitement souffrant et part se coucher. Figaro reprend son métier et tente de distraire le docteur de la conversation des deux amoureux. Il parvient tout de même à entendre le comte faire la cour à Rosine et les chassent sur-le-champ. Quand Don Basilio revient, le docteur comprend que ce Don Alonso ne peut qu’être le comte. A bout de patience, il envoie chercher un notaire pour dresser un contrat de mariage. Il persuade aussi Rosine que ce jeune homme n’est qu’un envoyé du comte. Confuse, elle lui avoue qu’il doit venir l’enlever ce soir. A ces mots, Bartolo fait barricader la maison.

Couverts par l’orage, Figaro et le comte parviennent à entrer par le balcon. Rosine repousse alors ce traître de Lindoro, et le comte lui révèle qui il est. Figaro les pressent à partir et quand les jeunes gens veulent prendre la fuite, quelqu’un a enlevé l’échelle ! Ils passent alors par l’entrée et y croisent Don Basilio et le notaire, puis Bartolo avec la garde civile venu arrêter l’infâme. Le comte révèle alors son vrai nom, et la brigade ne peut plus l’écrouer. Le docteur tente de protester, mais en vain. Le comte lui octroie la dot de Rosine, dont il n’a pas l’utilité. L’union est célébrée dans la joie.

 

Sources

KAMINSKI, Piotr, Mille et un opéras, Editions Fayard, 2004

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *