Rossini : L’Italienne à Alger


shadow

L’Italienne à Alger est un opéra en deux actes (« dramma giocoso », ou en français « drame joyeux ») de Gioachino Rossini, sur un livret d’Angelo Angelli. Il fut créé au Teatro San Benedetto de Venise le 22 mai 1812 et propulsa le jeune compositeur de 21 ans vers une gloire internationale, tout comme Tancrède, écrit trois mois plus tôt.

Enregistrements

Les choix ci-après mettent les acteurs dans l’ordre suivant : Chef d’orchestre, Orchestre, Isabella, Lindoro, Mustafa. Afin de faire au mieux votre choix, il est conseillé d’écouter :

  • l’ouverture,
  • l’air « Languir per una bella » (Lindoro)
  • l’air « A capricci della sorte » (Isabella, Taddeo)
  • l’air « Gia insolito d’ardore » (Mustafa),
  • le choeur « Viva, viva il flagel »
  • le finale.

Itunes et Amazon, distributeurs partenaires, vous permettent l’écoute de 30 secondes de chaque morçeau afin de faire au mieux votre choix.

La version de Bertini est la plus convaincante, avec une mention spéciale pour l’ouverture et les choeurs. Les chanteurs sont de qualité, en particulier la prima donna Isabella.

Gioacchino Rossini, L’Italienne à Alger, Gary Bertini avec le Staatsoper de Dresde, Lucia Valentini Terrani, Ugo Benelli, Sesto Bruscantini

Ferro bénéficie d’un excellent parterre de chanteurs qui contraste avec une ouverture qui n’est pas franchement au niveau des autres. Le chœur des eunuques n’est pas non plus enthousiasmant.

Gioacchino Rossini, L’Italienne à Alger, Gabrielle Ferro avec le Capella Coloniensis, Lucia Valentini Terrani, Francisco Araiza, Wladimiro Ganzarolli

Chez Varviso, l’ouverture pétille et sait faire preuve d’une énergie et d’une joie tout à fait bienvenues. L’enregistrement contraste entre une excellente Isabella, et un chœur des eunuques qui laisse légèrement à désirer.
Gioacchino Rossini, L’Italienne à Alger, Silvio Varviso avec la Maggio Musicale de Florence, Teresa Berganza, Luigi Alva, Fernando Corena

Basé sur l’écoute de 18 enregistrements.

Personnages principaux

  • Personnages principaux IAIsabella, alto ; prima donna
  • Elvira, soprano ; épouse de Mustafa
  • Mustafa, basse ; bey d’Alger
  • Lindoro, ténor
  • Taddeo, baryton
  • Zulma, mezzo-soprano ; servante d’Elvira
  • Haly, basse ; serviteur de Mustafa

Autour de l’oeuvre

Peu de temps après la création de Tancrède (février 1813), Rossini reçoit à la mi-avril une commande pour un opéra comique qui doit paraît en mai. Répondre à une telle demande nécessite qu’on recycle un livret : ce sera celui d’Angelo Anelli pour l’opéra de Luigi Mosa, basé sur l’histoire vraie d’Antonietta Frapolli, une jeune aristocrate milanaise enlevée en 1805 par des pirates et livrée au bey d’Alger, Mustafa ibn Ibrahim. Il apparaît aujourd’hui que certains passages ne sont pas du compositeur, comme les récitatifs, l’air de Haly et peut-être la seconde cavatine de Lindoro. L’opéra sera tout de même créé le 22 mai au théâtre San Benedetto de Venise, composé en 18 jours selon certaines sources, d’autres en admettent 27.

L’oeuvre est un triomphe à sa sortie, malgré la réticence de certains qui n’y voient qu’une reprise de Mosa, et l’Italienne à Alger s’étend bien vite sur toutes les scènes d’Italie puis à travers l’Europe. Comme pour le Barbier de Séville, l’opéra est assez disparate avec un premier acte sur toutes les lèvres et un second beaucoup moins éclatant. La vitesse de composition y est pour beaucoup.

Argument

Acte I

Le bey Mustafa est las de sa femme, Elvira et souhaite la répudier. Il trouve bientôt un moyen : il possède un esclave italien du nom de Lindoro, et compte les marier, puis les renvoyer en Italie. Quant à Lindoro, il se languit de retourner au pays retrouver Isabella, la femme de sa vie. Or voici que le bateau qui la porte fait naufrage aux abords de la ville du bey. Haly un serviteur du bey, l’arrête en compagnie de son amant et l’emmène auprès de Mustafa. Desespérée, Isabella soupire de l’ironie du sort et Taddeo comprend alors ce qu’elle attend de lui, menant les deux prisonniers à la dispute. Pour sauver Taddeo, ils se présentent comme oncle et nièce.

Alos qu’Elvira, sa suivante Zulma et Lindoro conversent, Haly prévient de l’arrivée imminente d’Isabella. Le bey est conquis, Elvira est furieuse. Lindoro la console par ses mots, il sait que l’Italie est remplie d’hommes bien plus valeureux que Mustafa. Tandis que le choeur des eunuques loue son maître, Isabella fait son entrée. Si elle trouve le bey « grotesque », il est sous le charme. C’est alors qu’elle reconnaît Lindoro, et quand elle apprend les desseins de Mustafa, elle les bouscule en nommant Lindoro son esclave personnel et souhaite la présence d’Elvira. Le bey tente de protester, sans succès.

Acte II

Isabella dicte ses quatre volontés au bey et donne ensuite rendez-vous à Lindoro pour préparer leur fuite. Mustafa pense faire de Taddeo un allié en le nommant Kaïmakan (lieutenant), et la voilà aussitôt investi. Taddeo est très satisfait de cette nouvelle, son autre choix n’eût été que le pal. Puis Isabella apprend à Elvira le « dressage conjugual » avant de se préparer en vue de la visite de Mustafa dans ses appartements. Elle l’accueille par un chant d’amour qui enflamme la jalousie de Taddeo et de Lindoro. Le bey souhaite rester seul avec l’Italienne qui refuse et se permet d’inviter Elvira et enjoint à l’ancien couple de se réconcilier. Mustafa est furieux et son serviteur Haly est inquiet.

Isabella prépare un nouveau plan : elle demande à Taddeo et Lindoro de faire croire à Mustafa qu’un nouveau titre lui sera décerné, tout auréolé de gloire. Cette qualité est celle de Pappataci qui consiste à boire, manger et dormir et surtout de ne pas se révolter. La cérémonie se tiendra avec tous les esclaves italiens. Après avoir donné à boire aux gardes, Isabella réunit ses compatriotes et leur chante l’héroïsme.

Voici que débute la solennité, et on lit au bey ses devoirs. Isabella teste Mustafa en faisant la cour à Lindoro. Le bey sursaute mais Taddeo le rappelle à l’ordre. Il ne réagit pas en voyant un grand navire s’approcher, pas même en voyant tous les Italiens monter à bord. C’est alors que Taddeo comprend qu’Isabella ne désire que Lindoro et, vengeur, il donne l’alerte, mais le bey tient trop à son titre pour protester. Taddeo monte in extremis dans le bateau tandis qu’un Mustafa penaud se jette dans les bras d’Elvira.

Dans le bateau qui vogue vers le large et où chacun se réconcilie se fait entendre la morale de l’histoire (dont on peut entendre un extrait chez Ferro) :

La bella Italiana

Venuta in Algieri

Insegna agli amanti

Gelosi ed alteri,

Che a tutti, se vuole,

La Donna la fa.

 

La belle Italienne

Venue à Alger

apprend aux amants jaloux et fiers,

que la femme, quand elle veut,

se joue de tout son monde.

 

Sources

KAMINSKI, Piotr, Mille et un opéras, Editions Fayard, 2004

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *