Saint-Saëns


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Qui de plus fantastique et de plus aventurier que Camille Saint-Saëns ? Qui peut mieux incarner la figure incontournable de la musique moderne du XIXème siècle ?

Post-romantique pour les uns, orientaliste pour les autres ; il est le phare dans la nuit du progrès. Des symphonies aux poèmes fantastiques, comme de l’opéra jusqu’au cinéma naissant, Saint-Saëns – ou ce « Génie français » – donna aux arts de son temps tout ce qu’ils pouvaient alors exiger.

Oeuvres disponibles sur le site

Par quoi commencer ?

Humblement, il serait présomptueux d’établir une quelconque sélection parmi les œuvres de Saint-Saëns – aussi nombreuses et monumentales soient-elles. Mais bon ! Puisqu’il faut un début à tout, tâchons au moins de saisir le compositeur, et par le bon bout.

Vous vous ferez ainsi l’oreille sur Le Carnaval des Animaux, La Danse Macabre, la Symphonie n°3 avec orgue, la Suite algérienne ou encore avec Le rouet d’Omphale.

Bon voyage !

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Biographie

L’enfance d’un virtuose.

 

« Saint-Saëns est le premier organiste du monde »

Franz Liszt, lorsque Saint-Saëns n’a que 18 ans.

Il naît en l’an de grâce 1835, au sein d’une famille catholique parisienne fraîchement entrée dans la classe moyenne. Le bambin Camille – orphelin de père – est alors immergé la tête la première dans le piano.

Orphelin mais déjà prodige, Saint-Saëns compose son premier concerto à seulement 11 ans ! Génie des bacs à sable s’il en est, le jeune Camille se taille rapidement la réputation d’un « Mozart français » dans le tout-Paris sous la Monarchie de Juillet. Et pour cause, raflant les concours et les prix, le jeune Saint-Saëns culmine à ses 18 ans en décrochant le poste d’organiste à l’église Saint-Merri de Paris.

Plus jeune organiste en poste de France, il compose à tour de bras et scotche ainsi les oreilles fascinées des maîtres de l’époque qui ne sont nuls autres que les éternels Franz Liszt, Gioachino Rossini, Giuseppe Verdi ou encore l’incontournable Hector Berlioz … Un avenir plus que prometteur s’ouvrait alors devant lui.

Oeuvre cardinale : Symphonie nº 1 en mi bémol majeur

Un infatigable

 

« Saint-Saëns est l’homme de France qui sait le mieux la musique du monde entier. »

Claude Debussy

Mais qui veut comprendre l’œuvre de Saint-Saëns ne peut ignorer l’érudition musicale qu’il étoffait et qui le démarquait outrageusement de ses confrères.

Camille Saint-Saëns, satireIl voyage dans toute l’Europe. La première fois à Londres – où il fuit la guerre franco-prussienne de 1870 qui sévit aux portes de Paris. C’est le début de sa période mythologique où il compose ses poèmes symphoniques tels que Le rouet d’Omphale, Phaéton et La Jeunesse d’Hercule.

Cinq années plus tard, il est invité – par l’insistance de son ami et collaborateur le célèbre pianiste auteur et compositeur russe Anton Rubinstein – à présenter sa nouvelle Danse macabre. Il conquit ainsi le cœur de la Société russe de Musique. Il est alors au sommet de sa créativité qui illumine ainsi toute l’Europe.

Mais malgré le succès de génie, son existence se voit profondément bouleversé lorsque sa mère décède en 1888. Camille Saint-Saëns change alors de vie et prend son envol vers de nouveaux horizons.

Outre ses multiples escales en Europe, en Afrique et en Amérique, Saint-Saëns affectionne particulièrement l’Orient. Avec la fascinante Egypte, qu’il visite plusieurs fois, mais surtout pour cette Algérie – joyaux de l’empire colonial français – qu’il ne cesse d’accoster en son port d’ « Alger la blanche » et où il viendra finir paisiblement ses jours … De la sainte Russie à l’Egypte, que ses voyages lui valurent cette touche orientaliste qui lui colle toujours à la peau.

Oeuvres cardinales : Le rouet d’Omphale (1871) – La Danse macabre (1874) – Le Carnaval des Animaux (1886)

Le fondateur de la Société Nationale de Musique.

 

«  Si l’art n’a pas de patrie, les artistes en ont une  »

Camille Saint-Saëns

Réanimant les œuvres magistrales des grands maîtres du baroque français, Saint-Saëns réédite – seul – les intégraux des Marc-Antoine Charpentier et autre Jean-Philippe Rameau. Rien que ça !

Organiste hors-pair disions-nous, il va – le premier – jusqu’à intégrer l’orgue au sein d’un orchestre ; pour un effet qui demeure jusqu’aujourd’hui sans pareil.

Saint-Saëns devient dès les années 1870 le « Champion de la musique française » dans la confrontation qui divise les nations européennes. Face aux Allemands que mène le génial Richard Wagner et aux Italiens du sulfureux Giuseppe Verdi, Saint-Saëns relève ce défi plein de panache. Il s’impose donc naturellement comme le chef de file du style dit « français » de l’époque. C’est à ce titre qu’il formera grand nombre de virtuoses tel que Gabriel Fauré (1845-1924) ou encore l’alsacien Leon Boëllmann (1862 – 1897).

C’est à ce titre et à ses nombreuses connaissances dans les réseaux institutionnels, qu’il cofonde avec le compositeur-poète-chanteur Romain Bussine, la célèbre Société Nationale de Musique entre la défaite de Sedan (1870) et l’insurrection parisienne de 1871.

Au cri de « Ars Gallica », c’est toute la classe musicale française qui prône l’ « esprit français ». Se voulant tant unique qu’universelle, la Société Nationale de Musique promeut la musique orchestrale contre celle vocale que portent d’innombrables opéras – souvent étrangers. C’est une véritable guerre des notes !

Oeuvre cardinale : Symphonie n°3 avec orgue (1886)

Le promoteur du nouvel art : le cinéma.

Pour achever l’œuvre magistrale que nous laisse le grand Saint-Saëns, on ne pourrait faire l’impasse sur la précieuse contribution qu’il apporta aux premiers pas du cinéma. Artiste progressiste, il prend patiemment conscience de la technicité à apporter aux projections muettes des Frères Lumières.

Comme Lully ornait si brillamment les pièces de Molière, Saint-Saëns voulut orner de même le « septième art » naissant. Et c’est chose faite lorsqu’il se fait le pionnier en la matière, proposant ses talents dans la réalisation du célèbre film d’André Calmettes, L’Assassinat du Duc de Guise, projeté en 1908.

Actif jusqu’à son dernier souffle, Saint-Saëns s’éteint le 24 décembre 1921, du haut de ses 86 ans à Alger « la Blanche » alors qu’il corrigeait une de ses partition. Prononçant son ultime soupir sous les mots de « Cette fois-ci, je crois que c’est vraiment la fin », ce génial et incontournable français s’en alla pour son dernier voyage vers le Mont Parnasse, paisible sanctuaire des Muses.

Oeuvre cardinale : Suite Algérienne (1874)

Camille Saint-Saëns devint tout au long de sa généreuse carrière le premier grand compositeur de l’ère industrielle. Entre voyages autour du monde, grand protecteur du patrimoine musical français et précurseur de B-O confirmé que seront les Vladimir Cosma et autres John Williams, Camille Saint-Saëns demeure après Hector Berlioz, et avant Maurice Ravel, le compositeur emblématique du style français de la fin du XIXème siècle et d’un XXème plus que prometteur.

 

« La pauvreté des moyens n’est pas plus un obstacle au génie, que la richesse n’est un avantage pour la médiocrité »

Camille Saint-Saëns

Amazir Mebarki