Verdi


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Guiseppe Verdi est un compositeur italien de la seconde partie du XIXe siècle, lors duquel il se fera connaître avec Nabucco en 1842, qui comporte le très célèbre « Choeur des esclaves ». Il fera preuve d’une grande créativité artistique pendant les années suivantes, en s’éloignant très peu de son genre de prédilection, pour devenir quelques années plus tard le compositeur le plus célèbre d’Italie. Il reste à l’heure actuelle un des créateurs les plus populaires et les plus aimés du monde de l’opéra.

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Par où commencer ?

Le mieux est de s’orienter premièrement vers La Traviata, Rigoletto et Nabucco qui sont ses opéras les plus connus et sont plus faciles pour débuter que ses dernières oeuvres, Falstaff et Otello, riches et complexes.

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Biographie

Les débuts

Il naît à Roncole di Busseto (aujourd’hui Roncole Verdi en Émilie-Romagne) le 10 octobre 1813 dans une famille modeste. Il part à Milan grâce au mécène Barezzi, pour entrer au conservatoire comme pianiste où on lui en refusa l’entrée, mais se voit soutenu dans la composition. Il commence alors une carrière d’organiste et épouse la fille de Barezzi, sans renoncer à destin plus ambitieux. Il découvre à cette époque Mozart et Haydn, et écoute Donizetti, Bellini et Rossini dans les théâtres de la ville.

Les œuvres du jeune Verdi

Verdi jeune

Verdi jeune

La très respectable Scala de Milan lui passe une commande pour un opéra où il fera représenter sa première œuvre, Oberto en 1839. Aussitôt sorti, il est à nouveau invité à réécrire une autre œuvre en raison de son succès ; Un giorno di regno, sorti un an plus tard ne sera pas au niveau espéré. C’est une période difficile pour le compositeur qui voit mourir sa femme et ses deux enfants. Il surmontera avec douleur cette épreuve pour présenter une nouvelle pièce, qui aura un retentissement insoupçonné.

Nabucco, 1842

Nabucco fut un triomphe : le public fit bisser le choeur « Va, pensiero », une pratique rarissime ; c’est le chant du peuple hébreu qui crie son besoin de liberté, dans le contexte capital des volontés d’indépendance de l’Italie sous le joug autrichien, avant même le début du Risorgimento. Il marque le début d’un art « populaire » qui repose entre autres, sur un grand emploi des choeurs, qui symbolisent ici le peuple. Il est manifeste que cet opéra est inspiré du Moïse de Rossini, oeuvre qui n’évoque plus rien de nos jours.

Années de galère : 14 opéras en 8 ans

Verdi est alors incité par les directeurs des plus grandes maisons d’opéras italiennes à composer d’autres opéras patriotiques. Il écrira seize œuvres en dix ans où se mêleront des œuvres au succès variable selon la qualité des interprètes ; sa situation financière reste bancale à cette époque, en comparaison avec les sommes qu’il obtiendra d’Aïda. Son opéra suivant, Les Lombards sorti en 1843, reste dans la trame du grand opéra à fond historique. Mais c’est avec Ernani en 1844 que Verdi montre au grand jour son talent pour le drame, dans ce symbole du romantisme latin. Cette période comporterait des bijoux qui ont été jusqu’alors sous-estimés comme Giovanna d’Arco, Attila ou Il Corsaro dans lesquels l’orchestre joue un rôle important. Avec Macbeth en 1847 et Luisa Miller en 1849, il confirme ce penchant pour le drame entrevu avec Ernani.

La trilogie populaire

Sa « Trilogie populaire » qui comporte d’abord Rigoletto en 1851, puis Le Trouvère et La Traviata en 1853, ce dernier opéra fut d’abord un échec puis un véritable succès l’année suivante, et le propulse vers la gloire. Sa réputation est désormais faite.

La fortune et la gloire

Vêpres siciliennes et Simon Boccanegra

Maintenant qu’il est doté d’un large assise financière, il peut consacrer plus de temps à chacune de ses œuvres, dans la composition, le livret et l’exécution. On pourra remarquer, à partir de 1855, l’influence du grand opéra français notamment dans ses Vêpres siciliennes écrites pour l’Exposition Universelle alors à Paris. Deux années plus tard, ce sera l’échec de Simon Boccanegra que Verdi reprend avec l’aide du librettiste Boito jusqu’à sa version finale de 1881 où la pièce triomphe.

Du Risorgimento aux dernières créations

Verdi-Viva Verdi

Viva Verdi, symbole du Risorgimento

L’artiste du Bal Masqué (1859) fut aussi tribun : il est élu député de Busseto, et héros du Risorgimento, son nom servant de ralliement aux libertaires italiens rassemblés autour du roi de Sardaigne Victor Emmanuel II (« Viva Verdi » = Viva Vittorio Emmanuele Re D’Italia).

Il revient sur le devant de la scène musicale en 1862 avec La Force du Destin, marquant la fin de sa collaboration avec Piave, son librettiste. Son rythme de production se ralentit, reprenant ses pièces pour les polir chaque fois plus : il remanie Macbeth en 1865, et écrit Don Carlos en français et en italien en 1867, qu’il reverra maintes fois jusqu’en 1884…

En 1871, c’est le succès sans précédent d’Aïda crée au Caire, avec dans un style grand opéra historique d’un faste inégalé, et comme pour Nabucco, son choeur Gloria all’Egito exalte à nouveau la patrie, pour le plus grand bonheur des italiens. Verdi est aussi célèbre pour son Requiem écrit en 1874, et ses Pièces sacrées en 1897 qui continuent le travail entamé par Strepponi. Il se réconcilie à la fin de sa carrière avec le librettiste Boito avec qui, en plus du remaniement de Simon Boccanegra, il partagera Otello et Falstaff, sa dernière œuvre.

Il meurt sans héritier le 27 janvier 1901, et après des obsèques sobres, ses cendres sont transférées à la Maison de repos des musiciens de Milan, accompagné par une foule de deux cent mille personnes. Toscanini dirigera la cérémonie officielle, où on passera entre autres le choeur de Nabucco « Va pensiero », avec près de neuf cents exécutants.

Le Musicien

Les sujets de prédilection de Verdi sont le plus souvent repris des grands dramaturges comme Shakespeare, Schiller ou Hugo, cherchant l’intensité dramatique. Ils sont passionnels, comme la libération politique ou l’amour, tantôt filial tantôt conjugal, possible ou tragique ; ils sont aussi funestes, comme la vengeance, l’errance, la malédiction ou la mort. Il est vraisemblable que le succès de Verdi provient du goût prononcé du public pour un spectacle clair et intelligible, grâce à une mélodie intense, sans trop de complications harmoniques.

Influences

Verdi 1899 au piano

Verdi au piano à 66 ans

Il est d’usage de dire que Verdi s’inspira de :

  • Meyerbeer pour ses choeurs grandioses ou ses effets instrumentaux.
  • Rossini, de Bellini et de Donizetti dont il fut le continuateur dans la seconde partie du XIXe siècle avec le bel canto (et de Mozart) ainsi que la primauté de la mélodie sur le texte.
  • L’opéra français et celui de Wagner pour l’enrichissement de la trame orchestral et du langage harmonique, mais aussi de la complexité des rapports entre les personnages.

Trajectoire

Vit les évolutions de l’Italie, en se transformant lui aussi

Contrairement à sa vie personnelle qui ne comporte aucun fait d’importance, hormis les deuils de sa jeunesse, sa carrière de compositeur suit les transformations de son époque : il compose ses premières œuvres à l’époque où règnent l’esprit du bel canto, et finit sa carrière après que la modalité et le vérisme aient transformé l’art de la composition et de l’opéra. Ce premier fera place au chant plus « héroïque et déclamatoire ». Il réunira les différentes tendances de l’opéra comme la vocalita, l’opéra romantique ou le grand opéra historique, pour être l’incarnation de l’opéra italien cinquante années durant entre Rossini et Puccini.

De la vocalité à la finesse

Verdi recherche avant tout l’efficacité dramatique, ce qui modifia en profondeur le principal support de l’opéra italien, à savoir le chant. Il concilie le bel canto au souci de violence et d’héroïsme, l’orchestre s’inclinant dès lors devant l’exaltation de la voix. Hormis les toutes premières compositions qui sont proches de Mercadante et l’originalité sans pareil de Falstaff, se dessine de Nabucco à Otello d’abord la puissance de l’aspect vocal et patriotique dans ses premières œuvres puis progressivement la richesse et la densité d’Aïda ainsi que des dernières pièces. Mais on y retrouve toujours la même puissance et la même grandeur où se côtoie tantôt le tragique et la passion, tantôt une légèreté bien plus populaire.

Apports

Vocal

Verdi allie donc la technique du bel canto à l’exigence du drame, c’est pour renforcer l’expressivité de cette dernière qu’il accentue la variété des chanteurs : les différentes tessitures sont opposées ou associées, comme dans les quatre nuances du dernier acte de Rigoletto. Il exige d’ailleurs les mêmes efforts, le même pathos des registres aigus que des autres.

Orchestral

A partir de Rigoletto, Verdi conduit également l’orchestre vers le dramatique. Il soutiendra les explosions vocales, ou accompagnera simplement le bel canto par des marches, valses ou autre genre léger. Mais plus l’écriture se raffine, comme dans Aïda, Otello et Falstaff, plus l’orchestre devient « étincelant ».

Dramatique

Son efficacité réside autant dans la concision des livrets, que dans l’affrontement entre des personnages fascinants de charisme, prisonniers des thèmes verdiens. La recherche de l’expression dramatique à travers l’orchestre et la voix contribuèrent à la création d’un nouveau modèle de drame lyrique, renouant avec les débuts de l’opéra italien, celui du Couronnement de Popée de Monteverdi (1642), célébrant sa maxime « retournons à l’ancien, ce sera un progrès. »

Sources

VIGNAL, Marc, Dictionnaire de la musique, Editions Larousse, 2005.

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