Verdi : Luisa Miller


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Luisa Miller est un opéra en trois actes, le quatorzième de Giuseppe Verdi, alors âgé de 36 ans, présenté pour la première fois au Teatro San Carlo de Naples le . Il est considéré comme un tournant dans le style verdien.

Après la création d’Alzira, le Teatro San Carlo à Naples commanda deux nouveaux opéras à Giuseppe Verdi. À cet effet, Salvatore Cammarano (1801-1852), librettiste du théâtre fut chargé de rédiger les livrets. Il faut préciser que le choix du librettiste était crucial, puisque dans les œuvres de Verdi tout particulièrement, le texte a une valeur primordiale. Si ce fut Cammarano qui fut choisi par Verdi pour écrire le livret de ces deux opéras, c’est en partie pour la lettre que celui-ci lui envoya et qui le suppliait en ces termes: « tendez une main secourable à un artiste, à un père de famille… Le cœur inondé de larmes, à genoux comme en présence de Celui qui donne tout bien, moi et mes fils nous attendons cette grâce… », il faut préciser que la situation du librettiste était précaire et qu’il avait six fils à sa charge. C’est pour cela, principalement, qu’il fut choisi par Verdi qui lui commanda un livret « bref, avec beaucoup de mouvement et encore plus de passion ». Ainsi furent créés La battaglia di Legnano ( à Rome) et Luisa Miller d’après Kabale und Liebe de Friedrich von Schiller.

Au début, le projet de Verdi n’était pas de réaliser un opéra d’après Kabale und Liebe mais un opéra héroïque du même type que La battaglia di Legnano ayant pour cadre le siège de Florence de 1529 et dont le titre aurait été Assedio di Firenze, tandis que Piave, à qui Verdi avait déjà proposé le sujet, suggérait pour titre Maria de’ Ricci et Cammarano Niccolo dei Lapi. Mais le projet déplut à la censure napolitanaise à cause de la tension politique qui régnait, du siège de Venise, de l’occupation de Rome et de la défaite des Piémontais. Ce pourquoi Verdi et Cammarano se rabattirent sur Kabale und Liebe qu’il avait déjà évoqué comme support possible avant que n’intervienne la censure.

Il s’agissait du troisième opéra de Verdi inspiré d’une œuvre de Schiller. La première avait été Giovanna d’Arco (livret de Temistocle Solera) et la seconde I masnadieri (livret d’Andrea Maffei). Schiller l’inspirera une quatrième fois dans Don Carlos (livret de François Mery) ; en effet, Verdi aimait beaucoup tirer le livret de ses œuvres des écrits d’auteurs de premier plan (Alexandre Dumas, Victor Hugo, William Shakespeare, etc.). Verdi confirme la réception des exposés sur Luisa Miller le à Paris. Il envisageait alors d’interrompre le premier acte brièvement et brusquement. Cammarano, que Verdi tenait en haute estime, se prononçait contre cette décision et tenait à ce que l’opéra conserve les huit vers que Verdi avait rayés. Dès le commencement, il avait été projeté que le grand quatuor de l’acte II se ferait a cappella, ce qui était pour l’opéra italien de l’époque une chose peu commune. Cette nouveauté fut d’ailleurs particulièrement appréciée des critiques.

Luisa Miller est une œuvre de transition, juste avant la trilogie de la maturité, Rigoletto / La Traviata / Le Trouvère. Il est à ce titre révélateur que le librettiste, Salvatore Cammarano, soit à la fois l’auteur du livret de Lucia di Lammermoor et de celui d’Il Trovatore. Car si l’on retrouve encore une forme un peu figée héritée du passé (avec l’inaltérable couple aria-cabalette), « l’œuvre laisse très largement deviner le Verdi de la maturité, avec des caractères moins monolithiques (le personnage de Miller par exemple), de longues scènes où le compositeur varie les climats ». On peut donc dire que Luisa Miller est une « nette rupture avec les œuvres de jeunesse par des idées nouvelles ».

Lors de la première au Teatro San Carlo de Naples le , le public a particulièrement ovationné l’ouverture, le finale du premier acte et le trio du dernier acte, bien que la postérité ait principalement retenu de l’œuvre l’aria de Rodolfo du deuxième acte2. Créé le  à l’Opéra de Paris, il est à nouveau donné au Palais Garnier en 1983, avec Luciano Pavarotti et Katia Ricciarelli dans les rôles de Rodolfo et Luisa.

 

Airs célèbres

  • Ah fu giusto il mio sospetto – Miller, Acte I, scène 1
  • Lo vidi e’l primo palpito – Luisa Miller, Acte I, scène 1
  • Sacra la scelta è d’un consorte – Miller, Acte I, scène 1
  • Il mio sangue la vita darei – Comte Walter,Acte I,scène 2
  • A brani, a brani, o perfido – Luisa Miller, Acte II, scène 1
  • Tu puniscimi, O Signore – Luisa Miller, Acte II, scène 1
  • L’ara o l’avella apprestami – Rodolfo, Acte II, scène 3
  • Quando le sere al placido – Rodolfo, Acte II, scène 3

 

Propositions d’écoute

Par Zanetti

Par Damrau

Par Bergonzi

Ouverture

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