Verdi : Macbeth


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Macbeth est un opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi, sur un livret de Francesco Maria Piave et Andrea Maffei, d’après la tragédie de Shakespeare, représenté pour la première fois au Teatro della Pergola à Florence, le .

Pour installer une ambiance mystérieuse et angoissante, Verdi n’a dû laisser aucun temps mort dans la musique, de bout en bout, elle est pensée de manière à impliquer le spectateur dans un état particulier, que ni une histoire d’amour ni un événement heureux ne peuvent rompre. Et c’est le tour de force qu’il réussit, comme plus tard Poulenc dans son Dialogues des Carmélites. On note même une gradation de l’intensité dramatique.

Le cas de Lady Macbeth est significatif. Elle dispose de quatre arias ou cabalettes durant toute l’œuvre. Le premier (Vieni t’affretta !… or tutti sorgete) est un air vocalisant et conventionnel d’entrée qui sert à présenter le personnage et à mettre le public en train. Le deuxième (La luce langue) est un air beaucoup plus court, plus sobre peut-être, du moins son début, et le troisième, la chanson à boire du IIe acte (Si colmi il calice) se rapproche beaucoup du premier air. Il sert à se positionner par contraste à la scène d’apparition du spectre de Banquo. Le dernier air est la longue scène de somnambulisme (Una macchia è qui tuttora…), qui la présente débarrassée de tout artifice, de toute vocalise (différent en cela de la célèbre scène de folie de Lucia di Lammermoor de Donizetti), et même le contre-ré bémol final ne semble pas dépareiller, mais seulement marquer la fin des espoirs et illusions de Lady Macbeth. Le rôle de Lady Macbeth est donc très lourd vocalement, car la cantatrice qui le chante doit avoir un excellent colorature, même dans l’aigu, au premier acte, et des qualités de soprano dramatique au IVe, dans la scène de somnambulisme, qui est essentiellement écrite pour elle dans le médium-grave, avec le contre-ré bémol final. Sa tessiture est donc étendue.

De même, l’air de Macbeth au IVe acte (Pietà, rispetto, amore) est empreint d’un calme et d’une douleur toute romantique. Le duo du premier acte (Fatal mia donna !) et la scène d’apparition de Banquo (Di voi chi ciò fece ?) vont dans le même sens que la scène de somnambulisme.

L’opéra tout entier exprime un désir de nouveauté, de recherche, pour que l’effet désiré soit en parfaite harmonie avec le texte. Les deux points culminants de cette entreprise sont le duo du Ier acte et la grande scène de somnambulisme, qui semblent se répondre par symétrie d’un bout à l’autre de l’opéra. Verdi a par conséquent employé les grands moyens, quitte à choquer ou à décevoir.

Le choix de la voix de Lady Macbeth est significatif. Il paraît que Verdi aurait refusé la cantatrice Eugenia Tadolini pour le rôle sous prétexte qu’elle chantait trop bien, et qu’il voulait une cantatrice « qui ne chantât absolument pas ». Les airs de bel canto de cette œuvre font suffisamment voir le contraire, mais ce que Verdi voulait signifier, c’est que la voix de la chanteuse devait exprimer parfaitement l’horreur que le personnage doit inspirer, c’est-à-dire faire un pas en plus vers la réalité dramatique. Cet opéra ouvre à la voie aux œuvres de pleine maturité de Verdi, à partir de Rigoletto (1851).

Airs célèbres

  • Ieni t’affretta – Lady Macbeth – Acte I, scène 2
  • Or tutti, sorgete – Lady Macbeth – Acte I, scène 2
  • La luce langue – Lady Macbeth – Acte II, scène 1
  • O voluttà del soglio – Lady Macbeth – Acte II, scène 1
  • Come dal ciel precipita – Banquo – Acte II, scène 2
  • Si colmi il calice di vino – Lady Macbeth-Acte II,scène 3
  • Fuggi regal fantasima – Macbeth – Acte III
  • O lieto augurio – Macbeth – Acte III
  • Ah, la paterna mano – Macduff – Acte IV, scène 1
  • Una macchia è qui tuttora ! – Lady Macbeth – Acte IV, scène 2
  • Pietà, rispetto, amore – Macbeth – Acte IV, scène 3

 

Propositions d’écoute

Par Muti

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