Verdi : Nabucco


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Nabucco est un des plus grands chefs d’oeuvre de Guiseppe Verdi, aux côtés de Rigoletto et de La Traviata. Son histoire commence par le succès en demi-teinte de son opéra précédent, Un jour de règne, qui est assez bon pour que La Scala de Milan lui commande une nouvelle œuvre. Le livret de Nabucco aurait apparemment été d’abord destiné à un autre compositeur, Otto Nicolai, qui le refuse. Ironie du sort, son choix se reporte sur une autre œuvre, qui sonne le glas de sa carrière, tandis que Verdi triomphera avec sa création.
La partition de Nabucco est prête fin 1841 – avec Temistocle Solera au livret – mais ne sera créé que l’année suivante, le 9 mars 1842. Il est un succès considérable, et le public va jusqu’à faire bisser le choeur final. Au niveau de l’écriture,  Solera connaisse bien la Bible, mais il travaille à partir d’une pièce de Francis Cornue et Anicet-Bourgeois, et en change quelques détails afin d’accélérer l’intrigue, avec des « coups de théâtre tous les quarts d’heure ». La partition est quant à elle simple et « un festival d’idées simples et efficaces, d’une audace et d’une originalité sans précédent ». L’opéra, inspiré du Moïse de Rossini, brille particulièrement pour ses choeurs qui sont l’incarnation du peuple juif auquel s’identifie le peuple italien alors sous le joug de l’Autriche. Son choeur des esclaves deviendra l’emblème du Risorgimento italien et était pressenti pour devenir l’hymne du pays.

Personnages

  • Personnages NabuccoNabucco, baryton ; roi de Babylone
  • Ismaele, ténor ; jeune hébreu
  • Zaccaria, basse ; Grand Prêtre des Hébreux
  • Abigaille, soprano ; fille aînée de Nabucco
  • Fenena, mezzo-soprano ; fille cadette de Nabucco
  • Grand Prêtre de Baal, basse
  • Abdallo, ténor ; lieutenant de Nabucco
  • Anna, soprano

Conseils d’écoute

Les choix ci-après mettent les acteurs dans l’ordre suivant : Chef d’orchestre, Orchestre, Nabucco, Abigaille. Afin de faire au mieux votre choix, il est conseillé d’écouter :

  • l’ouverture,
  • le choeur « Gli arredi festivi giù cadano infranti « 
  • l’air « Io t’amava! Una furia e quest’amore » ou « Prode guerrier » (Abigaille, Fenena, Ismaele)
  • l’air « Eccelsa donna, che d’assiria il fato reggi » ou « Donna, chi sei ? » (Grand Prêtre, Abigaille, Nabucco),
  • le célébrissime choeur des esclaves « Va, pensiero »
  • le finale

Enregistrements

Ce Muti est clairement la meilleure version qu’on puisse trouver : la musique est excellente, les chœurs savent parfaitement exprimer la mélancolie, la délicatesse et la tension du drame. Quant aux chanteurs, ils réalisent tous de très belles prestations, en particulier les rôles masculins. L’Abigaille fait baisser quelque peu le niveau de ce bel ensemble.

Guiseppe Verdi, Nabucco, Riccardo Muti avec le Philarmonia Orchestra, Matteo Manuguerra, Renatta Scotto

Bonus

Sur la vidéo suivante, vous pourrez voir un extrait de Nabucco par Muti. Après le choeur des esclaves, Muti interrompt l’opéra et par compassion pour son pays, contre les coupes dans le budget de la culture, (et parce que Berlusconi, alors président, est dans la salle), décide de faire bisser le choeur des esclaves. « Comme le chœur l’a chanté magnifiquement et que l’orchestre l’a très bien accompagné: si vous voulez vous aussi vous joindre à nous, faisons-le tous ensemble. Mais en mesure! », dit-il à l’assemblée. La tension et l’émotion sont à leur comble dans la salle.

Sources

KAMINSKI, Piotr, Mille et un opéras, Editions Fayard, 2004

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