Wagner : Lohengrin, le Chevalier au Cygne


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Lohengrin est un « opéra romantique en 3 actes » de Richard Wagner sur un livret du compositeur. L’opéra est créé à Grosses Fürstliches Hoftheater de Weimar le 28 août 1850, sous la direction de Franz Liszt. Le nom provient de « Garin le Lorrain » (en ancien français, « li loheren Garin »), que Wagner rencontre dans une de ses sources de Tannhäuser, Sur la guerre à la Wartbourg, qui contient aussi le poème anonyme Lohengrin. Il développe également le sujet avec :

  • Grimm, Mythologie allemande
  • Gervinus, Histoire de la poésie nationale des Allemands
  • Wolfram von Eschenbach, Parzifal et Titurel. Lohengrin est en effet le fils caché de Parsifal, objet d’un prochain opéra.

Wagner se détourne à plusieurs reprises du sujet sur sa période de composition (1843-1849) avec l’ébauche d’une symphonie, l’esquisse des Maîtres-chanteurs et… la préparation d’une version moderne d’un opéra de Gluck.

En 1849, Wagner fuit Dresde, recherché par la police et se réfugie à Zurich. Après quelques retouches, il envoie l’opéra à Weimar, chez son ami Franz Liszt, et lui demande d’en assurer la création. Il est donc créé le 28 août, en l’absence du compositeur – qui passe sa soirée à l’hôtel « Au Cygne » de Lucerne –, et les critiques vont des plus élogieuses (Liszt : « une œuvre sublime, une merveille ») aux plus sceptiques.

Comme ce fut le cas pour Tannhäuser et le Vaisseau Fantôme, les réserves du début se transforment en quelques mois en un succès prodigieux : l’opéra s’étend rapidement à travers l’Europe, et on représente pour la première fois Wagner en Russie et en Italie.

L’anecdote la plus croustillante de Lohengrin est le fait du grand ténor Leo Slezak au début du vingtième siècle. Le tchèque joue le rôle de Lohengrin et comme le veut l’opéra, il est sensé quitter la scène sur un cygne. Sauf que le soir en question, les machinistes font l’erreur de faire partir le cygne avant qu’il n’y soit installé. Slezak se tourne alors calmement vers l’assemblée et s’écrie : « quand part le prochain cygne ? ». La salle est hilare, vous vous en doutez.

Sa marche nuptiale est traditionnellement jouée aux mariages ; elle agaçait Wagner en raison de sa popularité. Le seul point négatif de l’oeuvre la plus appréciée, et représentée, du compositeur est le suivant : l’oeuvre ne gagne en intensité que jusqu’à la révélation de l’identité de Lohengrin. Par la suite, l’opéra « retombe mollement », et son finale n’est clairement pas au niveau de ceux de Tannhäuser et du Vaisseau Fantôme.

Personnages

  • Personnages LohengrinLohengrin, ténor ; chevalier au cygne
  • Elsa de Brabant, soprano ; fille adoptive de Friedrich et sa future épouse (…)
  • Ortrud, soprano ; femme de Friedrich 
  • Friedrich von Telramund, baryton ; père adoptif d’Elsa, promis à elle, la répudie pour Ortrud
  • Heinrich der Vogler (Henri l’Oiseleur), basse ; roi de Germanie
  • Le Héraut, baryton

 

Enregistrements

Karajan, le must de Lohengrin ! Sur toute mon écoute, je n’ai rien trouvé de déplaisant. De l’ouverture, exceptionnelle jusqu’au finale, la musique s’enchaîne parfaitement avec les chœurs et les chanteurs, donnant une formidable impression d’harmonie. René Kollo en Lohengrin vient sublimer une très bonne distribution (il est également à l’honneur sur Tannhäuser et dans Les Maîtres Chanteurs).

Richard Wagner, Lohengrin, Herbert von Karajan avec le Berliner Philharmoniker, René Kollo, Anna Tomowa-Sintow


La version d’Abbado vient juste après celle de Karajan. Son niveau moins éclatant est toutefois très équilibré et de très bonne qualité. Vous pourrez spécialement y apprécier la musique (particulièrement dans l’ouverture) et les chanteurs : Siegried Jerusalem et Cheryl Studer forment vraiment un duo d’exception !

Richard Wagner, Lohengrin, Claudio Abbado avec le Wiener Philharmoniker, Siegfried Jerusalem, Cheryl Studer
Solti forme une alternative de qualité aux deux précédents. Le plus marquant reste son chœur des noces « Treulich geführt » ; le reste est très convaincant, que ce soit la musique, les chœurs ou les chanteurs.

Richard Wagner, Lohengrin, Georg Solti avec le Wiener Philhamoniker, Placido Domingo, Jessye Norman

Sources

KAMINSKI, Piotr, Mille et un opéras, Editions Fayard, 2004

STINCHELLI, Enrico, Les stars de l’opéra, Gremese International, 2002

 

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