Forme sonate



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Wolfgang Amadeus Mozart

La forme sonate est une manière d’écrire et de construire une oeuvre qui prévaudra dans les principes de composition d’environ 1750 à 1950, de Mozart à Schönberg. Elle sera utilisé dans les plus grands genres de la musique classique comme la symphonie, le concerto ou le finale d’opéra. Son utilisation repose repose sur la création d’une tension puis sa résolution.

Caractéristiques

Avant Haydn et Mozart, c’est-à-dire au début jusqu’à la moitié du XVIIIe siècle, les éléments propres à la forme sonate existaient déjà, comme le passage de la tonique à la dominante, mais on ne le mettait pas en évidence. Elle avait la progression suivante :

  • exposition d’un matériau avec passage de la tonique à la dominante,
  • le même matériau retourne de la dominante à la tonique.

La mélodie était symétrique avec simplement une plus forte réaffirmation de la tonique à la fin de l’oeuvre. Plus tard, Haydn et Mozart fixent les bases – pour accentuer le côté dramatique – du passage de la tonique vers la dominante et du retour à la tonique. Ainsi, la forme sonate peut évoluer, écartelée entre le besoin de symétrie qui la ramène à son origine et l’impératif dramatique qui doit suivre son propre développement.

En effet, la forme sonate est toujours sensée exprimer la tonique puis évoluer vers la dominante, afin de créer de la tension. Il est possible de la remplacer par la médiante. ou de s’éloigner davantage de la tonique, à travers des structures pouvant supporter une tension bien plus importante. Ce sera le cas à partir de Beethoven. Un nouveau thème peut alors apparaître au passage vers la dominante, ou répéter le thème initial à la dominante. Le retour à la tonique intervient à un moment variable : ce peut être avant la moitié de l’oeuvre ou aux trois quarts. Il résout la tension crée par l’éloignement de la tonique.

Une autre explication a été donnée sur la structure de la forme sonate, en trois ou quatre parties. Elle y serait formée :

  • d’une exposition avec un premier thème à la tonique et un second à la dominante, terminée avec une reprise de l’exposition,
  • d’un développement, modulant les thèmes dans différentes tonalités,
  • d’une réexposition avec les deux thèmes à la tonique et éventuellement une coda, afin de stabiliser le retour à la tonique, s’il reste de la tension irrésolue.

Toutefois, de nombreuses pièces des Pères du classicisme y échappent, attribuant à leur génie l’escapade hors de cette structure.

Postérité

Les genres de la forme sonate

Schoenberg

Arthur Schönberg considèrera la tonalité comme obsolète

On retrouvera la forme sonate dans un grand nombre de genres, par la simplicité et la plasticité de son
utilisation, comme :

  • la sonate,
  • la symphonie et le concerto,
  • le finale d’opéra,
  • les formations de musique de chambre, notamment le quatuor à cordes.

Elle imprégnera également le rondo, la forme lied, la fugue et la variation.

Le déclin à partir du XIXe siècle

Si la forme sonate permet de penser la musique et d’en libérer par sa grande souplesse tout son potentiel, qu’il soit dramatique ou virtuose, elle finira minée par ses propres contradictions au XIXe siècle. Les compositeurs de cette époque conservent son cadre, mais ne l’exploitent plus directement : le passage de la tonique à la dominante puis son retour ne sont plus utilisés. La forme sonate est repousse toujours plus loin ses limites en terme de taille, et pâtit des desiratas du XIXe siècle, qui souhaite libérer la poésie de l’oeuvre et évoluer dans la tonalité.

Sources

VIGNAL, Marc, Dictionnaire de la musique, Editions Larousse, 2005.

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